📢 Nous devons tous comprendre les enjeux du numérique et de l'intelligence artificielle (IA)
Il y a tellement d’incertitude que nous devons réfléchir à l’éducation pour faire comprendre comment le monde fonctionne et s’adapter au monde qui change, même si nous ne sommes pas à l'aise avec Internet.
Ce site a pour objectif de donner quelques pistes de réflexions sur les enjeux et risques liés à cette technologie
19/08/2026
Principe et objectif d'une politique du numérique et d'appropriation de l'IA en France
Le principe général à respecter en 2026 : « Nous devons nous interroger sur l'IA capacitante versus l'IA aliénante, et être conscients de "l'imprévisibilité" liée à un corpus de phénomènes -économiques, sociaux, collectifs et individuels, affectifs, etc.… liés à cette incursion technique" (comme l'évoque Cédric Villani, dans le livre "avec Jacques Ellul" éditeur Labor et Fides).
L’objectif d’une politique d’un politique du numérique, en prenant en compte « l’imprévisibilité" évoquée ci-dessus, doit être principalement d’accompagner l’incursion du numérique dans notre vie pour :
Citons le rapport du 8 juillet 2026 de l’Assemblée Nationale fait au nom de la commission d’enquête sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique et les risques pour l’indépendance de la France, rapport qui liste 19 propositions ou actions (sans chiffrage budgétaire).
Nous présentons ci-dessous 4 volets qui nous semblent important.
1. Education : Politique à (re)définir en permanence
Concerne toutes les générations pour lesquelles une politique doit être définie (école primaire et secondaire, post bac, ingénieur et littéraire, sénior, formation professionnelle, personnes en fin de vie avec l’arrivée de la robotique…). Nous devons suivre et analyser toutes les études, et retour d’expérience et adapter en conséquence les différentes politiques concernant l’éducation et la formation professionnelle.
2. Système juridique et réglementaire, et
les outils et organismes de contrôle à consolider
Système juridique et réglementaire
Les lois européennes, en fonction du retour d’expérience, devront être adaptées, pas sous la pression des « seigneurs de la Tech » (dirigeants des 8 ou 9 société Hight tech au niveau mondial). La réglementation doit être proactive et pragmatique, le secteur numérique étant très mouvant. La France doit pouvoir émettre des lois spécifiques à la demande de la société.
La justice devra s’adapter en permanence pour rendre ses jugements :
Remarque : REGLEMENTER ne suffit pas.
👉Il faut contrôler et proposer des offres alternatives aux produits nocifs. (voir ci-dessous « domaine économique »). Faut-il interdire les réseaux sociaux aux jeunes ? Non... mais Il faut proposer des outils qui poussent à la réflexion, limitent les biais et la flagonerie. Ce point est abordé ci-dessous au paragraphe 4.
Les organismes de contrôle et vérification des produits numériques (réseaux sociaux, plateformes, services en ligne, etc., aujourd'hui boostés à l'IA) devront être efficaces, réactifs et coordonnés au niveau des états et européen, étant donné la vitesse de développement des nouvelles applications numériques, Beaucoup d’experts espèrent une cadre « mondiale » (type ONU) pour le contrôle de l'IA.
Rappel des éléments d’un processus de contrôle de produits
Ci-dessous la liste des principaux organismes autorités administratives de contrôle, d’évaluation et de certification des produits numériques (réseaux sociaux, plateformes, services en ligne, etc.) aux réglementations européennes et françaises.
1. Au niveau européen
2. Organismes au niveau français
👉La vérification de la cohérence et la couverture des missions de ces organismes (voir la re-structuration de ces organismes) en permanence est indispensable, le secteur numérique étant très mouvant.
3. Politique de l’emploi et d'accompagnement social
du bouleversement lié à l'IA
Mettre en place des dispositifs pour accompagner le changement auprès des personnes actives perturbées par l'IA dans leurs entreprises ou administration, et dans l’emploi (*), et pour les 8 millions de personnes éloignées du numérique dans un contexte de numérisation du service public, et plus généralement pour l’ensemble des citoyens, dans les outils de relation administration (Etat) - citoyen,
(*) Actuellement, 3,8 % des emplois sont considérés comme fragilisés d’après une étude de la Coface et de l’observatoire des emplois menacés et émergents (« Emplois, compétences, valeur : ce que l’IA est en train de bouleverser » d’avril 2026). Cette estimation reflète un usage embryonnaire dans les entreprises.
Pour la protection sociale, dans un contexte de réduction de l’emploi dû à l’IA, la robotique, la mondialisation, le vieillissement de la population et la baisse de la démographie..., il est nécessaire de ne plus faire supporter principalement la protection sociale par les revenus du travail (comme cela se fait depuis la 2ème guerre mondiale), mais de transférer des charges salariales et employeurs vers la CGS, la CRDS, un prélèvement de solidarité, ... ou la TVA des produits et services non de 1ère nécéssité.
4. Politique dans le domaine économique, géopolitique et de la recherche
4.1 Piloter fermement au niveau national (1er ministre) cette transformation numérique en :
préparant la transition vers l'informatique quantique dans l'administration et l'industrie, plus particulièrement la transition vers la cryptographie post-quantique, en identifiant avant la fin 2027 les briques techniques impliquées (chiffrement,signature…), et déployer de la cryptographie post-quantique pour tous les systèmes d’information traitant d’information diffusion restreinte avant fin 2030. En France, la stratégie nationale quantique prévoit d’utiliser la commande publique pour accélérer l’industrialisation et le déploiement dans les services de l’État, avec un budget d’1 milliard d’euros entre 2026 et 2030 pour renforcer les capacités et structurer les chaînes de valeur. L’objectif est de réduire la dépendance aux acteurs étrangers et de positionner l’Europe comme un acteur clé.
4.2 Orienter les investissements publics et privés, à travers les organismes de recherches et les universités, sur la création et le soutien de systèmes français (comme l'IA Le Chat Mistral) ou européens,
ceci pour :
Exemple d’actions : Définir le cadre d’une politique de recherche et de coopération privé-public (participation de l'Etat, subventions, commande publique, formation-apprentissage)
4.3 Soutenir la demande publique et privée des acteurs français et en 2ème temps, européens
dans ce secteur numérique (éditeurs, entreprises de services, industrielles, administrations...) par :
4.4 Apporter des financements publics (et donc trouver des nouvelles ressources pour l’Etat) pour des investissements nécessaires à un numérique au service du bien commun, comme
en assurant l’interopérabilité, la portabilité des produits comme les alternatives au GAFAM et éviter l’intégration unique et par défaut
4.5 Mettre en place de nouvelles ressources financières pour l’Etat destiné (exclusivement) au numérique :
Ce point est à explorer par des fiscalistes expérimentés. Par exemple, ci-dessous 2 pistes à analyser :
12/08/2026
(1) 👉 A notre niveau personnel : Nos actions au fil de l’eau de nos usages d’internet
👉 Prise de conscience des conséquences néfastes des interfaces numériques et des algorithmes des plateformes
👉Choix de nos outils numériques d'information et d'échanges
Choix de nos applications numériques / plateformes les plus « éthiques », et moins néfastes à l’environnement et à la protection de nos données personnelles.
Exemple :
S"abonner à une newsletter, un podcast, une communauté payante ou un espace éditorial, c'est aussi une manière de sécuriser le lien avec son auteur que vous devez jugez "tiers de confiance" – ce que le mystère insondable de l'algorithme rend de plus en plus délicat sur les plateformes sociales. Donc, utiliser, soit des médias payants dont l'origine de l'information est garantie, soit des médias gratuits qui affichent leur volonté de diffuser une information vérifiée (comme Hugo Decrypt).
Des sites dédiés à l'offre de logiciels libres et services alternatifs aux Gafam donnent une idée de la situation actuelle cette l'offre.
Exemple : site Alternatives numérique Pour aller plus loin, consulter la plateforme du Groupement d'intérêt public PIX
👉Vérification de l’information / lutte contre les deepfakes
Vérifier les informations écrites, les images et vidéos et sons, que nous recevons :
Partagez cette information sur nos réseaux ou par mail qu’après cette phase de vérification
👉Adoption d'une posture de responsabilité :
Exiger et s'imposer une rigueur évaluative des outils que nous utilisons pour s'informer,
Soyons prêts à dépenser un peu d’argent pour accéder à des sites fiables (La presse écrite et audiovisuelle ont en très grande majorité des contrats avec des « fact checkers » (vérificateur d’information, comme l’AFP…). Quand un site est « gratuit », cherchez à comprendre son modèle économique. Produire de l’information « vérifiée » coûte de l’argent.
(2) A notre niveau de citoyen, et investisseur :
👉 Comme citoyen :
💡Réfléchir collectivement aux usages de l’IA : Nous n’avons pas besoin d’être informaticien pour réfléchir à la révolution qu’est l’intelligence artificielle. Un travail collectif est nécessaire pour arriver à un cadre d’usage à l’IA générative, en rappelant clairement les limites, les conditions d’usages réussies, les réflexes à avoir, les bonnes pratiques et celles à ne jamais faire. La direction interministérielle du numérique (DINUM), la direction interministérielle de la transformation publique (DITP) et la direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP), ont publié en juin un petit guide d’usage de l’IA par les agents publics de l’Etat qui sera utile à bien d’autres.
💡 Participer aux actions nécessaires à la gouvernance du numérique ;
Remarque : Pour mémoire, rappelons l’expérience de la radio dans les années 30. John Reith a imaginé une radio publique, la BBC, qui ne soit contrôlée ni par les états, ni par les entreprises, financée par l’État, mais indépendante du gouvernement. Il propose de mettre en place des services publics de la communication démocratique. Et Il existe aujourd’hui des services mondiaux numériques non commerciaux Wikipedia, Openstreet ou Signal.
👉Comme investisseur et consommateur :
💡investir dans la recherche et le développement de systèmes qualitatifs et citoyens. Citons quelques pistes évoquées dans la presse :
💡Participer à une action collective de choix ou de refus de produits « néfastes ».
Evitez X, Instagram, Facebook... et nous aider les uns les autres à devenir un consommateur "éthique" du numérique.
👉 Pour conclure sur ces efforts que nous devons tous faire,
Citons un extrait de l'article de Grand Continent du 28/12/2025 de Máriam Martínez-Bascuñánm :
« …la sortie de l’ère de la post-vérité ne passe pas seulement par le rétablissement de la crédibilité de la presse ou la restauration de l’intégrité des institutions.
Il faut aussi une citoyenneté qui ne se laisse pas tenter par le confort des certitudes préfabriquées ou par l’écho réconfortant de la tribu.
Connaître la vérité est un choix. Ce n’est pas facile, et c’est presque toujours douloureux.
Mais c’est un choix. Arendt a proposé comme modèle de citoyen pensant quelqu’un qui n’était ni philosophe de profession ni sage reconnu : Socrate, « un citoyen parmi les citoyens, qui n’a rien fait ni prétendu, sauf ce que, selon lui, tout citoyen a le droit d’être et de faire ». La pensée n’est pas un privilège réservé aux experts. C’est le premier acte de résistance. Et elle est à la portée de tous. »
👉Nous devons exiger le contrôle du "processus technicien" dont le numérique est un terrain de prédilection.
Celui-ci - de fait - poursuit son développement de façon incontrôlée ("on n'arrête pas le progrès", mais il faut combattre les usages nocifs de la technique).



Pour aller plus loin
Sur l'IA Slop
voir le site operating eurovision and euroradio (article du 22 octobre 2025) : « Tendances médias : comment le journalisme peut lutter contre le slop » de David-Julien Rahmil
Lire les livres :
«Il faut accepter l’idée, le slop est en train de gagner» (Albertine Meunier et Hugo du Plessix interrogés par David-Julien Rahmil, L'ADN, 16 octobre 2025)
Roi du slop et du grotesque, Trump a retourné le paysage médiatique (David-Julien Rahmil, L'ADN, 21 octobre 2025)
Quand l’IA tue la littérature (Stéphanie Parmentier, The Conversation, 19 octobre 2025)
IA: comment sortir de la bulle ? (Antonin Bergeaud, Le Grand Continent, 21 octobre 2025)
Sur l'IA Slop, voir la conférence d' Ethan Zuckerman à Sciences Po du 17.05.2022 : "Nous devons imaginer un meilleur internet"
Sur la cyber-malveillance, nous vous conseillons d'aller sur le site du gouvernement :
Le site de l’Europe (UE) pour comprendre la désinformation pilotée par la Russie
EU vs Disinfo, Site du Service européen (partie du service diplomatique de l’UE, dirigé par le haut représentant de l’UE) pour contrer la désinformation de la Russie. Ce site est le travail du groupe de travail East Stratcom, une équipe constituée d’experts qui ont principalement suivi une formation en communication, journalisme, sciences sociales et étude de la Russie.
Pour simple information citons le dispositif européen RAS - Rapid Alert System. : Le système d’alerte rapide (RAS) est un élément important de l’approche globale de l’UE pour lutter contre la désinformation, et est un des quatre piliers du Plan d’action contre la dés-information approuvé par le Conseil Européen en décembre 2018. Il a été établi pour promouvoir le partage des connaissances entre les institutions de l’UE et les États membres en ce qui concerne les campagnes de désinformation, et pour coordonner les réponses. Le RAS de base sur des informations en open source s’appuie également sur les connaissances du monde universitaire, des vérificateurs de faits (fact checker), des plateformes en ligne et des partenaires internationaux.
👉 En Anglais ; 2 sites pour vérifier une image ou une vidéo
Deepware (en anglais) qui permet de reconnaître les vidéos « hyper-truquéez » (deepfake),
TinEye - : Vous vous interrogez sur l’origine d’une image : Vous pouvez effectuer une recherche par image, ou ce que TInEye appelle une recherche inversée d’image. Vous pouvez le faire en téléchargeant une image ou en recherchant par URL. Vous pouvez aussi simplement glisser-déposer vos images pour commencer votre recherche. TinEye fait constamment le crawl du web et ajoute des images à son index. Aujourd’hui, l’indice TinEye compte plus de 72,1 milliards d’images.
02/02/2026
(1) Prise d'information sur les faits
La première question à se poser, quand nous prenons connaissance de faits, est : Quelle est l'intention de celui qui nous la donne ? Et apprenons à distinguer la désinformation, la mésinformation, et mal information
• Désinformation : informations fausses et délibérément créées pour nuire à une personne, un groupe social, une organisation ou un pays.
• Mésinformation : informations fausses mais non créées dans l'intention de nuire.
• Mal information : informations basées sur la réalité, utilisées pour infliger un préjudice à une personne, un groupe social, une organisation ou un pays (sources Unesco).

![]() |
![]() |
Nous devons donc apprendre à vérifier les informations que nous recevons, et devenir des "fact checkers" permanents, suivant les 2 sources d'informations aujourd'hui : Les plateformes sur internet et les sources traditionelles (journaux, radio, télé...)

Les plateformes profitent d’un statut privilégié de simples canaux de partage d’informations. En effet au nom de l’article 230 du Communications Decency Act, voté en 1996, les plateformes ne peuvent être poursuivies en justice pour les contenus publiés par leurs utilisateurs. Ce régime est complètement distinct de celui des médias, tels les journaux, qui sont tenus à une responsabilité éditoriale.
Les « réseaux sociaux » et de nombreux site internet sont, pour beaucoup d'entre nous, le « carburant » de nos réactions intuitives, de nos affects, en stimulant la production de dopamine, et en nous enfermant dans des bulles d’informations parfois non vérifiées, parcellaires ou fausses. David Chavalarias publie en 2022 « Toxic Data », tout y est très simplement expliqué : Comment les mouvements d’opinion sont aujourd’hui hautement manipulés et amplifiés sur les réseaux ou les messagerie au point que nos démocraties vont y laisser leur peau.
En 2016, "les mathèmaticiens de Cambidge Analytica font effacement campagne pour le oui au Brexit avec leurs algorithmes d'influence en ligne personnalisée. Quelle humiliation pour la psyché humaine de voir ces modèles réduisant nos subtiles personnalités à cinq nombre, mesurant ouverture, conscienciosité, extraversion, amabilité, neuroticisme, pour mieux nous manipuler" (extrait podcast Radio France, épisode 3 "intelligence artificielle : utopie dystopique" de Cédric Villani).
La Boétie décrit, dans son "Discours de la servitude volontaire", l'obéissance des peuples à la tyrannie, expliquant que celle-ci est maintenue par l'habitude, la corruption et la bêtise, plutôt que par la force.
La tyrannie, exercée sur notre psychisme des réseaux sociaux et de certaines applications internet, doit être combattue !
Un minimum d’empathie envers ses concitoyens est une condition indispensable pour un débat serein. Certains politiciens ont une autre opinion sur l'intérêt des débats serein :
« La faiblesse fondamentale de la civilisation occidentale est l’empathie »
expliquait Elon Musk dans un interview sur le podcast de Joe Rogan.

L'émergence d'une IA SLOP et
la dégradation du paysage informationnel
(1) L'émergence d'une IA SLOP, média de mauvaise qualité
Le slop (aussi appelé AI Slop) est un média de mauvaise qualité, comprenant des textes, des sons et des images, réalisé à l'aide d'une technologie d'intelligence artificielle générative. Inventé dans les années 2020, le terme a une connotation péjorative proche de celle de « spam ». Les contenus des « slops » sont ensuite réingérés dans les IA, et le cycle continue.
Citons l’article de Hubert Guillaud sur le texte de la chercheuse Kate Crawford dans une tribune pour e-flux , « Vers l’effondrement métabolique » du 19 septembre 2025 (dans la Lettre hebdomadaire de café IA):
L’industrialisation de contenus synthétiques réalisés à l'aide de l’IA
« Les producteurs de contenus synthétiques atteignent des taux d’engagements supérieurs aux influenceurs humains qui semblent de plus en plus indiscernables des humains, comme l’était, dès 2018, l’une des premières influenceuses synthétiques, Lil Miquela. Les équipes de création de contenu déploient des outils d’IA pour générer des centaines de publications, d’images et de vidéos potentielles, puis utilisent l’analyse de l’engagement pour identifier les combinaisons les plus addictives afin de les optimiser. L’industrialisation du contenu viral s’auto-accélère. Les fonds destinés aux créateurs de contenus se transforment en subvention du seul contenu synthétique, à l’image de TikTok ou Meta qui sponsorisent les usines à slops en distribuant des revenus du fait de leur viralité… »
Effondrement de l’IA slop ?
« L’évolution vers une IA générative massive et gourmande en données affecte l’environnement, le travail, la culture, la science … Les LLM sont en train de supplanter les sources d’information en ligne, cannibalisant les marchés de la création de contenu….De nombreuses études ont montré que les systèmes d’IA dégénèrent lorsqu’ils se nourrissent trop de leurs propres productions – un phénomène d’effondrement que les chercheurs appellent MAD (La maladie du modèle autophage). En d’autres termes, l’IA s’autodétruira, puis s’effondrera progressivement dans le non-sens et le bruit….’’L’IA slop n’est pas une aberration, mais une caractéristique inévitable du fonctionnement des médias génératifs’’. Cette rupture métabolique promet de multiples effondrements, prédit la chercheuse : effondrement des modèles, effondrement écologique et effondrement cognitif s’entrecroisent dans une forme de polycrise. »
Quelques chiffres de mesure de ce phénomène de "pollution" numérique et médiatique»
L’accès sur internet à des articles issues d’une source « vérifiée » est pas facile
Jean-Marc Manach, Next.ink, 18 décembre 2025 soulignait l'ampleur de ce phénomène :
Mesure d’audience des sites générés par IA (et recommandés par Google Discover) en % de la population Française

Source : Next et le Groupement des éditeurs de services en ligne (http://www.geste.fr/)
👉«pièges à boomers», ou «boomer traps» : Les inactifs, en particulier les personnes âgées, semblent en effet plus particulièrement susceptibles de tomber dans le piège de ce type d'infox et images GenAI, au point d'être qualifiées de «pièges à boomers», ou «boomer traps».»
🔥 Le déploiement récent de la fonction AI Overviews [« aperçus IA »] de Google implique que répondant directement aux requêtes des internautes par des synthèses produites par intelligence artificielle (IA), Google réduit la probabilité qu’un utilisateur clique vers les sites d’information. Les grandes plateformes comme google contrôlent :
o déjà le référencement, la recommandation d’information et la publicité,
o et maintenant désormais la synthèse, la hiérarchisation, la reformulation et parfois même l’interprétation des contenus. Ils ne se contentent plus d’organiser la circulation de l’information ; ils organisent la manière dont elle est reconstituée et présentée.
Rappelons la situation actuelle de notre dépendance à des entreprises américaines ou chinoises propriétaires des réseaux sociaux qui n’assument pas le statut d’éditeurs de contenu, mais qui nous imposent leur ligne éditoriale par l’intermédiaire de leurs algorithmes. Seuls les contenus recommandés par leurs algorithmes sont vus, les autres demeurent invisibilisés. Ces algorithmes sont élaborés en toute opacité, basés sur des calculs purement quantitatifs arrimés à des objectifs commerciaux ou politiques, par une poignée d’acteurs privés qui effectuent le tri entre les contenus visibles et ceux que personne ne verra.
Dans un article du journal Le monde du 10 janvier 2026, à l’approche de la présidentielle de 2027, Arthur Mensch, fondateur et dirigeant de Mistral AI (start-up française) alerte sur le risque de voir se former un « oligopole de l’information » avec des assistants IA comme ChatGPT ou Grok, détenus par des acteurs américains et possibles « organes de contrôle de la pensée »… Et de prédire pour les prochaines élections des tentatives de manipulation de l’opinion ou des scandales, comme la récupération de millions de profils Facebook par l’agence Cambridge Analytica lors de la première campagne présidentielle de Donald Trump, en 2016, à l’époque où « on ne mesurait pas encore très bien l’influence des réseaux sociaux ».
Prenons la mesure de la dégradation du paysage informationel à cause de la montée en puissance des IA génératives et la prolifération du slop.
Les assistants IA remplacent déjà les moteurs de recherche pour de nombreux utilisateurs. Selon le Digital News Report 2025 de l'Institut Reuters, 15 % des moins de 25 ans utilisent des assistants d'IA pour s'informer, contre 7 % de l'ensemble des consommateurs d'informations en ligne. »
Recherche sur un moteur de recherche ou réponse d’une IA à votre prompt ?
Pour plus d’information, voir le site de la Fondation Nieman pour le journalisme, une institution majeure de l'Université de Harvard, visant à promouvoir et élever les normes du journalisme.
4. les « bulles de filtres » désignent le mécanisme par lequel les algorithmes des plateformes, réseaux sociaux ou moteurs de recherche, tendraient à ne proposer aux utilisateurs que des contenus alignés sur leurs préférences, opinions ou comportements antérieurs. En somme, vous ne sortez plus de votre bulle (virtuelle)... En limitant l’exposition à une diversité de points de vue, les bulles de filtre risqueraient de restreindre la capacité des citoyens à se forger une opinion éclairée, fondée sur une compréhension nuancée et plurielle des enjeux. ... Par leur fonctionnement, les bulles de filtres pourraient renforcer la propagation de fausses informations, la circulation de contenus trompeurs ou l’influence de contenus politiques ciblés.
5. Les modèles d'IA ne sont pas neutres : ils portent les empreintes culturelles et les valeurs de leurs données d'entraînement. Aussi conçus pour être trop « empathiques » et répondre aux attentes des usagers, quitte à les conforter dans leurs idées, ils risquent d'accentuer cette hyper-individualisation de l'information. Avec les IA utilisées comme source d'information à la place de consulter des pages WEB suite à une recherche, « l’effort de validation [d’un lien] se déplace », constate Alberto Di Meglio. « Un document publié sur le Web a généralement un auteur connu, une forme fixe, et des citations dont on peut trouver la trace. (…) Une réponse fournie par LLM est une synthèse fluide dans laquelle les relations avec les sources sous-jacentes sont digérées par le modèle utilisé. La responsabilité de la vérification du lien repose ensuite davantage sur les lecteurs », décrit-il.
6. Propagande politique monétisée par les pages web « attrape-clip » des grandes plateformes :
De nombreux articles depuis 2026 alertent sur la propagande politique par les pages web « attrape-clip ».
- Le journal Le Monde du 9/9/2026 « sur Facebook, le business des contenus réactionnaires générés par l’IA »
- L'article de Niamh McIntyre sur l'IA slop et le "hateful AI" intitulé "Why the racist AI slop industry is booming" et publié le 19 mai 2026 sur le site The Bureau of Investigative Journalism
Principe de monétisation de contenu politique sur le web (pages à but lucratif)
De nombreuses pages véhiculant des messages haineux à destination du public français, anglais, allemand.., générées sur le web au Sri Lanka, en Algérie ou au Venezuela,… et même en France, obtiennent des audiences massives dans un but lucratif. Le journal Le Monde du 9/9/2026 cite dans un article « sur Facebook, le business des contenus réactionnaires générés par l’IA » : « L’organisation non gouvernementale (ONG) Reset Tech, qui publie, mercredi 9 septembre (2626), une étude très complète consacrée à la publication de ce spam politique généré par IA, a ainsi identifié plus de 1 000 pages francophones élaborées par un même réseau de personnes vivant… au Sri Lanka. D’après les constatations du Monde, d’autres réseaux plus petits, mais publiant le même type de contenus, sont administrés depuis le Venezuela, le Vietnam, l’Algérie ou le Pakistan. … Tout indique que le but premier de ces pages est lucratif. Meta a consolidé ses systèmes dans ce qu'on appelle la monétisation de contenu ». La monétisation de contenu contient une série d'outils qui permettent de gagner de l'argent grâce à vos vidéos — Reels (des vidéos courtes comme sur les réseaux sociaux, ex. Instagram Reels), formats longs, publicités et interactions fans… les gérants de pages « attrape-clics » à destination des Européens peuvent espérer gagner dix fois plus. L’IA accélère la viralité des publications politiques. Les personnes âgées sont souvent la cible.
Pages web « attrape-clip » - Modèle économique des plateformes poussant à produire davantage de "slop"
Le modèle économique de Meta consiste à partager les revenus publicitaires de ses pages avec les créateurs de pages « attrape-clip » (qui se concentraient auparavant sur les images surprenantes, les animaux mignons et les quiz…). Ce modèle est basé sur son algorithme qui récompense les contenus provoquant des émotions extrêmes (rage, peur), ce qui incite à produire davantage de "slop" (contenu de mauvaise qualité mais lucratif), dans un contexte de manque de pression réglementaire : Meta n’a pas d’incitation financière à appliquer strictement ses propres règles. Rappelons les processus ces dernières années ayant conduit à l’affaiblissement de la modération par Meta : (1) réduction des équipes de modération (licenciements massifs) sous pression politique (ex. : accusations de "censure" pendant la présidence Biden).(2) remplacement par des outils d’IA peu efficaces : des contenus haineux restent facilement accessibles. La réponse de Meta est la suivante (1) suppression de certaines pages après enquête, mais peu de conséquences durables (ex. : le réseau sri-lankais a repris ses activités après une courte suspension), (2) déclaration générique : "Nos standards interdisent la haine, le harcèlement et la désinformation, et nous avons supprimé ces comptes." Mais les moyens mis en place ne semblent pas efficasse.
Les grandes plateformes ne délivrent quasiment aucune information sur ces programmes de rémunération (YouTube, par exemple, a aussi son système de rémunération). Même en France, le business des pages attrape-clics qui parlent de politique se développe.
« Les ingérences à finalité lucrative, on les voit un peu comme un tsunami qui est en train d’arriver, expliquait au Monde, à la mi-juin, le directeur de Viginum, Marc-Antoine Brillant, lors d’une rencontre avec des journalistes. Beaucoup de plateformes ont mis en place un système de rémunération de leurs créateurs. C’est massif et ça crée une physionomie de la menace un peu différente [des acteurs de la désinformation étatique]. C’est un enjeu systémique, intimement lié au modèle économique des plateformes. »
(*) Viginum est un organisme de l’état Français qui détecte et caractérise les tentatives de manipulation de l'information en ligne venant d'acteurs étrangers.
Pour conclure sur cet effort que nous devons tous faire, citons un extrait de l'article extrait article Grand Continent du 28/12/2025 de Máriam Martínez-Bascuñánm :
« …la sortie de l’ère de la post-vérité ne passe pas seulement par le rétablissement de la crédibilité de la presse ou la restauration de l’intégrité des institutions. Il faut aussi une citoyenneté qui ne se laisse pas tenter par le confort des certitudes préfabriquées ou par l’écho réconfortant de la tribu.
Connaître la vérité est un choix. Ce n’est pas facile, et c’est presque toujours douloureux.
Mais c’est un choix. Arendt a proposé comme modèle de citoyen pensant quelqu’un qui n’était ni philosophe de profession ni sage reconnu : Socrate, « un citoyen parmi les citoyens, qui n’a rien fait ni prétendu, sauf ce que, selon lui, tout citoyen a le droit d’être et de faire ». La pensée n’est pas un privilège réservé aux experts. C’est le premier acte de résistance. Et elle est à la portée de tous. »
Nous devons exiger le contrôle du "processus technicien" dont le numérique est un terrain de prédilection. Celui-ci - de fait - poursuit son développement de façon incontrôlée ("on n'arrête pas le progrès", mais il faut combattre les usages nocifs de la technique).
Comment réagir à cette situation du paysage numérique ? nous vous suggérons des types d'action dans notre article "réagir à titre personnel et comme citoyen
Pour aller plus loin
voir le site operating eurovision and euroradio (article du 22 octobre 2025) : « Tendances médias : comment le journalisme peut lutter contre le slop » de David-Julien Rahmil
Lire les livres :
Sur l'IA Slop, voir la conférence d' Ethan Zuckerman à Sciences Po du 17.05.2022 : "Nous devons imaginer un meilleur internet"
Sur la cyber-malveillance, nous vous conseillons d'aller sur le site du gouvernement :
Assistance aux victimes de cybermalveillance | Site Officiel
Pour lutter la désinformation, et pour identifier l’origine d’une information virale, d’une photo ou d’une vidéo hyper-truquée (« deepfake »)
👉 En Anglais ; 2 sites pour vérifier une image ou une vidéo
👉 Pour détecter si un document ou image a été généré par l'IA, Il existe une galerie d’outils comme Hive Detect, Resemble.ai, AI or Not, Reality Defender, Copyleaks, BrandWell, Sensity, Sightengine et les grands outils d’IA qui ont tous intégré ces fonctions, de Gemini à Claude, ChatGPT ou SuperGrok. Leur efficacité est jugé relative.
contact@egalitenumerique.fr
12 rue du Moulin de Coudret
16140 Oradour
Par e-mail
Par courrier