Egalité Numérique

📢 Nous devons tous comprendre les enjeux du numérique et de l'intelligence artificielle (IA)

Il y a tellement d’incertitude que nous devons réfléchir à l’éducation pour faire comprendre comment le monde fonctionne et s’adapter au monde qui change, même si nous ne sommes pas à l'aise avec Internet. 

Ce site a pour objectif de donner quelques pistes de réflexions sur les enjeux et risques liés à cette technologie

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Politique du numérique et appropriation de l’IA pour le bien commun

19/08/2026

Politique du numérique et appropriation de l’IA pour le bien commun

Principe et objectif d'une politique du numérique et d'appropriation de l'IA en France

Le principe général à respecter en 2026 : « Nous devons nous interroger sur l'IA capacitante versus l'IA aliénante, et être conscients de "l'imprévisibilité" liée à un corpus de phénomènes -économiques, sociaux, collectifs et individuels, affectifs, etc.… liés à cette incursion technique" (comme l'évoque Cédric Villani, dans le livre "avec Jacques Ellul" éditeur Labor et Fides). 


L’objectif d’une politique d’un politique du numérique, en prenant en compte « l’imprévisibilité" évoquée ci-dessus, doit être principalement d’accompagner l’incursion du numérique dans notre vie pour :

  • retrouver une souveraineté et une sécurité dans nos outils numériques de gestion de la nation, et nos usages quotidiens, 
  • participer à l’émergence de produits numériques (applications) non nocifs pour nous personnellement et pour le vivre ensemble.

 

Citons le rapport du 8 juillet 2026 de l’Assemblée Nationale fait au nom de la commission d’enquête sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique et les risques pour l’indépendance de la France, rapport qui liste 19 propositions ou actions (sans chiffrage budgétaire). 

 

Nous présentons ci-dessous 4 volets qui nous semblent important.

 

1.    Education : Politique à (re)définir en permanence
Concerne toutes les générations pour lesquelles une politique doit être définie (école primaire et secondaire, post bac, ingénieur et littéraire, sénior, formation professionnelle, personnes en fin de vie avec l’arrivée de la robotique…). Nous devons suivre et analyser toutes les études, et retour d’expérience et adapter en conséquence les différentes politiques concernant l’éducation et la formation professionnelle.

 

 

2.    Système juridique et réglementaire, et
       les outils et organismes de contrôle à consolider

Système juridique et réglementaire

Les lois européennes, en fonction du retour d’expérience, devront être adaptées, pas sous la pression des « seigneurs de la Tech » (dirigeants des 8 ou 9 société Hight tech au niveau mondial). La réglementation doit être proactive et pragmatique, le secteur numérique étant très mouvant. La France doit pouvoir émettre des lois spécifiques à la demande de la société. 

La justice devra s’adapter en permanence pour rendre ses jugements :

  • en vérifiant la faisabilité de l’application des jugements en fonction des moyens de contrôle en place,
  • en adaptant de façon ponctuelle les textes actuels européens, sans remettre en cause ses principes (comme le fait l’inquiétant paquet législatif européen "Digital Omnibus » voté par le Parlement Européen fin 2025. Voir le rapport de l'association Renaissance Numérique " Repenser le Digital Omnibus : simplification vs. droits, cohérence et méthode” (juin 2026)
  • en qualifiant juridiquement les réseaux sociaux « d’éditeurs » plutôt que « d’hébergeurs » (voir le livre « imposture » de Aurélie Jean, Editions de l’Observatoire).

Remarque : REGLEMENTER ne suffit pas.

👉Il faut contrôler et proposer des offres alternatives aux produits nocifs.  (voir ci-dessous « domaine économique »). Faut-il interdire les réseaux sociaux aux jeunes ? Non... mais Il faut proposer des outils qui poussent à la réflexion, limitent les biais et la flagonerie. Ce point est abordé ci-dessous au paragraphe 4. 

 

Les organismes de contrôle et vérification des produits numériques (réseaux sociaux, plateformes, services en ligne, etc., aujourd'hui boostés à l'IA) devront être efficaces, réactifs et coordonnés au niveau des états et européen, étant donné la vitesse de développement des nouvelles applications numériques, Beaucoup d’experts espèrent une cadre « mondiale » (type ONU) pour le contrôle de l'IA. 

Rappel des éléments d’un processus de contrôle de produits

  1. Auto-évaluation : Les fournisseurs de ces produits évaluent elles-mêmes leur conformité.
  2. Contrôles à posteriori : Réalisés par les autorités (ex : CNIL pour le RGPD, ARCEP pour le DSA).
  3. Certifications obligatoires : Pour certains produits (ex : CRA pour les logiciels critiques).
  4. Sanctions : Amendes, injonctions, blocages.

Ci-dessous la liste des principaux organismes autorités administratives de contrôle, d’évaluation et de certification des produits numériques (réseaux sociaux, plateformes, services en ligne, etc.) aux réglementations européennes et françaises.

1. Au niveau européen

  • Commission européenne   : Supervise l’application du Digital Services Act (DSA) et du Digital Markets Act (DMA). DSA (règlement (UE) 2022/2065), DMA (règlement (UE) 2022/1925)…
  • European Data Protection Board (EDPB) : Coordonne l’application du RGPD au niveau européen et émet des lignes directrices.      RGPD (règlement (UE) 2016/679)    
  • European Cybersecurity Agency (ENISA) : Évalue les risques cyber et propose des bonnes pratiques pour les produits numériques.      Règlement (UE) 2019/881 (Cybersecurity Act)  
  • BEREC (Body of European Regulators for Electronic Communications) : Régule les aspects liés aux communications électroniques et aux plateformes numériques.   Directive (UE) 2018/1972 (Code des communications électroniques)        
  • European Standardization Organizations (CEN, CENELEC, ETSI) : Élaborent des normes techniques (ex : EN 301 549 pour l’accessibilité).     Règlements et directives européennes (ex : Accessibility Act) 

2. Organismes au niveau français

  • CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) : Contrôle le respect du RGPD et de la loi Informatique et Libertés.     
  • ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques) : Régule les opérateurs télécoms, les plateformes numériques et les services en ligne.Code des postes et communications électroniques, loi n°2022-296 (DSA)  
  • ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) : Supervise la cybersécurité des produits numériques (ex : certification CRA)
    (via des laboratoires agréés) Certifie la conformité des produits aux exigences du CRA (Cyber Resilience Act).Règlement (UE)
  • DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) : Lutte contre les pratiques commerciales trompeuses sur les plateformes.
  • HADOPI (Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) :Lutte contre le piratage en ligne et protège les droits d’auteur.  Code de la propriété intellectuelle, loi n°2009-669
  • AFNOR Certification : Organisme certificateur pour les normes françaises et européennes (ex : ISO 27001).Normes ISO, RGPD, CRA  : Citons la plublication "IA Frugal" de l'Afnor
  • LNE (Laboratoire national de métrologie et d’essais) : Évalue la conformité des produits numériques (ex : accessibilité, sécurité), chargé de réaliser les mesures et essais de produits de toutes sortes en vue de leur certification pour leur mise sur le marché.

 

👉La vérification de la cohérence et la couverture des missions de ces organismes (voir la re-structuration de ces organismes) en permanence est indispensable, le secteur numérique étant très mouvant.

 

3.    Politique de l’emploi et d'accompagnement social
      du bouleversement lié à l'IA

 

Mettre en place des dispositifs pour accompagner le changement auprès des personnes actives perturbées par l'IA dans leurs entreprises ou administration, et dans l’emploi (*), et pour les 8 millions de personnes éloignées du numérique dans un contexte de numérisation du service public, et plus généralement pour l’ensemble des citoyens, dans les outils de relation administration (Etat) - citoyen, 

(*) Actuellement, 3,8 % des emplois sont considérés comme fragilisés d’après une étude de la Coface et de l’observatoire des emplois menacés et émergents (« Emplois, compétences, valeur : ce que l’IA est en train de bouleverser » d’avril 2026). Cette estimation reflète un usage embryonnaire dans les entreprises.


Pour la protection sociale, dans un contexte de réduction de l’emploi dû à l’IA, la robotique, la mondialisation, le vieillissement de la population et la baisse de la démographie..., il est nécessaire de ne plus faire supporter principalement la protection sociale par les revenus du travail (comme cela se fait depuis la 2ème guerre mondiale), mais de transférer des charges salariales et employeurs vers la CGS, la CRDS, un prélèvement de solidarité, ...  ou la TVA des produits et services non de 1ère nécéssité.

 

4.    Politique dans le domaine économique, géopolitique et de la recherche


4.1 Piloter fermement au niveau national (1er ministre) cette transformation numérique en :

  • renforçant la gouvernance du numérique français, pour en particulier assurer une sécurité et une souveraineté des systèmes numériques, colonne vertébrale de l’administration française et de nos entreprises. La cour des comptes, dans un rapport de juin 2025, décrivait le brouillard organisationnel, avec l’ANSSI (Agence Nationale de la sécurité des systèmes d’information) « seule contre tous », et autour un empilement de guichets (niveau national et différents ministères (avec leur CSIRT ou Comcyber du minitère des Armées), l'ARCEP, la CNIL, la CIANum  …), aux missions redondantes, surchargée de missions ni priorisées ni financées. Par ailleurs, il faut imposer un cadre sécuritaire du type de la directive européenne NIS2, qui, depuis près de 2 ans, n’a toujours pas été transposée en droit français (confère article Le Monde du 27/08/26). Une "feuille de route" du gouvernement en avril 2026 a été adressée aux différents ministères, mais il faut s'assurer que les actions demandées ont bien été effectuées.  L'objectif est d'ajuster, à travers différentes briques d'un socle de confiance (identités, gestion des accès, chiffrement, gouvernance), des niveaux de contrôle et sécurisation des outils numériques des services l’État et des grandes sociétés françaises (SNCF, aéroports, énergies, banques…) indispensable au fonctionnement du pays.
  • préparant la transition vers l'informatique quantique dans l'administration et l'industrie, plus particulièrement la transition vers la cryptographie post-quantique, en identifiant avant la fin 2027 les briques techniques impliquées (chiffrement,signature…), et déployer de la cryptographie post-quantique pour tous les systèmes d’information traitant d’information diffusion restreinte avant fin 2030. En France, la stratégie nationale quantique prévoit d’utiliser la commande publique pour accélérer l’industrialisation et le déploiement dans les services de l’État, avec un budget d’1 milliard d’euros entre 2026 et 2030 pour renforcer les capacités et structurer les chaînes de valeur. L’objectif est de réduire la dépendance aux acteurs étrangers et de positionner l’Europe comme un acteur clé.

  • avancant le plus rapidement possible vers un objectif de souveraineté numérique français et européen, et en particulier  se doter le plus tôt possible, de plans de bascule vers des offres alternatives aux produits des plateformes et services américains (comme par exemple Microsoft, Palentir...) et chinois utilisés par les services de l’État,
  • imposant auprès de tous les ministères concernés les actions décrites aux paragraphes précédents et suivants de cet article.

 

4.2 Orienter les investissements publics et privés, à travers les organismes de recherches et les universités,  sur la création et le soutien de systèmes français (comme l'IA Le Chat Mistral) ou européens,

ceci pour :

  • des raisons géopolitiques. Le secteur de la Défense doit être considéré comme une priorité pour l’investissement en IA « pour réinstaurer un effet de dissuasion qui risque de se perdre si on n’utilise que la dissuasion nucléaire » d’après ‘Arthur Mensch (Extrait article Le Monde du 31 mars 2026). A notre niveau français, il faut continuer à faire la course avec les grandes entreprises américaines pour développer des modèles de pointe, dits « de frontière », ceci pour garder une souveraineté, et peser sur les règles du jeu mondial.  
  • mais aussi pour disposer de produits numériques adaptés à nos sociétés démocratiques, conçus pour le bien commun, avec des offres de produits du type « réseaux sociaux éthiques, messagerie sécurisée, moteur de recherche, IA… » qui préservent nos données personnelles et l'environnement, et assurent la concurrence, l’interopérabilité, la portabilité comme les alternatives au GAFAM et éviter l’intégration unique et par défaut des offres actuelles.

Exemple d’actions : Définir le cadre d’une politique de recherche et de coopération privé-public (participation de l'Etat, subventions, commande publique, formation-apprentissage)

 

4.3 Soutenir la demande publique et privée des acteurs français et en 2ème temps, européens
dans ce secteur numérique (éditeurs, entreprises de services, industrielles, administrations...) par :

  • une obligation d'acheter français, ou européen... pour les entreprises publiques et l'administration (et pour cela, résoudre le problème juridique correspondant, en modifiant le code des marchés publics, et celui européen), 
  • des mesures incitatives pour les entreprises (aide à l’export, évaluation de l'aide à la souveraineté européenne ou française dans leur bilan sur leur responsabilité sociétale pour prendre en compte ce critère par les acheteurs publics), 
  • pour l'Etat et un cahier des charges spécifiques d'un internet sécurisé (et au service des citoyens), 
  • la mise en place d'une labellisation « outil grand public », ou « outil à ne pas mettre dans toutes les mains »… en complément de
    • celle lancée début 2026 par l’association Origine France Garantie en partenariat avec Bureau Veritas, la certification "Numérique France Garantie" (NFG), dédiés aux services numériques, logiciels et hébergements développés, maintenus et hébergés en France. " 
    • et d'une information sur les impacts sur l'environnement des produits numériques, dans l'esprit de  "IA Frugal" de l'Afnor …

 

4.4 Apporter des financements publics (et donc trouver des nouvelles ressources pour l’Etat) pour des investissements nécessaires à un numérique au service du bien commun, comme

  • des réseaux sociaux « non nocifs » (L’utilité des réseaux sociaux n’est pas remise en cause),
  • des plateformes d’informations vérifiées par des « fact checkers » labellisés…
  • des outils très performants pour développer le partenariat public-privé, et pour les interfaces usagers-administrations françaises, pour générer des économies dans le secteur public,
  • des outils pour augmenter nos capacités de défense pour réinstaurer un effet de dissuasion
  • …

en assurant l’interopérabilité, la portabilité des produits comme les alternatives au GAFAM et éviter l’intégration unique et par défaut

 

4.5 Mettre en place de nouvelles ressources financières pour l’Etat destiné (exclusivement) au numérique :

Ce point est à explorer par des fiscalistes expérimentés. Par exemple, ci-dessous 2 pistes à analyser :

  1. Taxes d’accise liées au secteur numérique : «  le consensus politique permet d’imposer des taxes d’accise (« taxes comportementales » comme celles sur le tabac, l’alcool…) sur des biens et des services nocifs pour notre santé, ou sur des actions des entreprises considérées comme nuisibles à l’économie… »
  2. La taxe forfaitaire sur les revenus publicitaires numériques, taxe argumentée dans l’article de Daron Acemoglu (Prix Nobel d'économie 2024), Simon Johnson , Network Law Review du 2 Mars 24) : « La meilleure solution consiste à imposer une taxe forfaitaire sur les revenus publicitaires numériques… Les cibles évidentes de cette taxe incluent des géants des médias et de la technologie … »
Quelles questions se poser ? Articles individuels

Quelles actions personnelles et de citoyen vis à vis de l'IA?

12/08/2026

Quelles actions personnelles et de citoyen vis à vis de l'IA?

 

(1) 👉  A notre niveau personnel : Nos actions au fil de l’eau de nos usages d’internet
 

👉 Prise de conscience des conséquences néfastes des interfaces numériques et des algorithmes des plateformes

  1. En matière de liberté : Les interfaces de ces systèmes numériques construits à base d'IA « peuvent masquer nos réelles possibilités d’agir ou d'orienter nos décisions, et restreindre peu à peu notre autonomie »
  2. En matière de santé, citons « les processus compulsifs et addictifs … en jeux »
  3. En matière d’écologie, la consommation énergétique de tous les algorithmes, matériels et infrastructures numériques, leurs modes de fabrication utilisant de l'eau et des métaux rares, et l’incitation à la sur-consommation ne vont pas dans le sens du respect des principes écologiques.
  4. En matière de démocratie, ces systèmes pour certains « sapent l’apprentissage du débat contradictoire au profit du clash et de la violence verbale sur Internet. En effet, ces processus de captation de l’attention… ont tendance à favoriser les contenus choquants et les fausses informations, à polariser les utilisateurs, et à réduire leur capacité à comprendre d’autres points de vue, et même à le vouloir. L’économie de l’attention atrophie notre capacité à partager des idées, à échanger, bref, appauvrit notre expérience du monde ». « Sapere aude ! » (Ose savoir)  ..écrivait Emmanuel Kant en 1784 …Connaître la vérité est un choix. Ce n’est pas facile, et c’est presque toujours douloureux.  La pensée n’est pas un privilège réservé aux experts. C’est le premier acte de résistance. Et elle est à la portée de tous. » (Extrait article du Grand Continent 28/12/2025 de Mariam Martínez-Bascuñánm). 
     

👉Choix de nos outils numériques d'information et d'échanges 
Choix de nos applications numériques / plateformes les plus « éthiques », et moins néfastes à l’environnement et à la protection de nos données personnelles. 
Exemple : 

  • Messagerie concurrente de Whatsapp (par exemple Signal? ou Olvid),
  • Navigateur (Firefox...) et Moteur de recherche (Quant boosté par Mistral ? , ….),
  • Modèles d’IA frugal (à choisir au cas par cas) peu gourmande en données et énergie… en fonction de vos usages : 
    • une requête simple de recherche d'information (si possible utiliser un moteur de recherche qui consomme dix fois moins en moyenne qu'une IA...),
    • la génération d'une image, d'une vidéo,
    • une longue analyse documentaire,
    • ....  
      Remarque : Choisir une IA suivant son usage demande néanmoins de comprendre et se sensibiliser aux notions d'IA "frugale" sobre et bas-carbone (infrastructure d'hébergement sobres, modèles spécialisés moins énergivore) qui devrait être audité et certifié par des organismes reconnus. 

 

S"abonner à une newsletter, un podcast, une communauté payante ou un espace éditorial, c'est aussi une manière de sécuriser le lien avec son auteur que vous devez jugez "tiers de confiance"  – ce que le mystère insondable de l'algorithme rend de plus en plus délicat sur les plateformes sociales. Donc, utiliser, soit des médias payants dont l'origine de l'information est garantie, soit des médias gratuits qui affichent leur volonté de diffuser une information vérifiée (comme Hugo Decrypt). 

Des sites dédiés à l'offre de logiciels libres et services alternatifs aux Gafam donnent une idée de la situation actuelle cette l'offre.
Exemple : site Alternatives numérique     Pour aller plus loin, consulter la plateforme du Groupement d'intérêt public PIX 


👉Vérification de l’information / lutte contre les deepfakes  

Vérifier les informations écrites, les images et vidéos et sons, que nous recevons :

  • en premier lieu avec notre analyse de bon sens et une observation attentive pour repérer des éléments suspects de l’information reçue, soyons conscients de nos propres biais (nous aimons souvent nous divertir avec des informations que nous ne questionnons pas assez), en nous posant les questions :
    • Qui est l’émetteur du message reçu ?
    • Qui est derrière la plateforme  ou le site ?
    • Qui finance cette diffusion d’information ?
  • en recoupant cette information avec d’autres sources que nous jugeons fiables, ou en nous faisant aider d’outils disponibles sur internet (voir ci-dessous)
  • en nous appuyant sur des "tiers de confiance" : Plus les machines produiront de textes, des images et vidéos, des analyses et de recommandations, plus il deviendra essentiel de distinguer le vrai du faux. Ce qui est produit par analogie par un un algorithme doit être distingué de ce qui est documenté et compris par des experts reconnus, appuyés par des mécanismes de vérifications des savoirs. 


Partagez cette information sur nos réseaux ou par mail qu’après cette phase de vérification


👉Adoption d'une posture de responsabilité : 

Exiger et s'imposer une rigueur évaluative des outils que nous utilisons pour s'informer, 

Soyons prêts à dépenser un peu d’argent pour accéder à des sites fiables (La presse écrite et audiovisuelle ont en très grande majorité des contrats avec des « fact checkers » (vérificateur d’information, comme l’AFP…). Quand un site est « gratuit », cherchez à comprendre son modèle économique. Produire de l’information « vérifiée » coûte de l’argent. 
 

(2) A notre niveau de citoyen, et investisseur :
 

👉 Comme citoyen :

 

💡Réfléchir collectivement aux usages de l’IA  : Nous n’avons pas besoin d’être informaticien pour réfléchir à la révolution qu’est l’intelligence artificielle. Un travail collectif est nécessaire pour arriver à un cadre d’usage à l’IA générative, en rappelant clairement les limites, les conditions d’usages réussies, les réflexes à avoir, les bonnes pratiques et celles à ne jamais faire. La direction interministérielle du numérique (DINUM), la direction interministérielle de la transformation publique (DITP) et la direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP), ont publié en juin un petit guide d’usage de l’IA par les agents publics de l’Etat qui sera utile à bien d’autres. 

 

 

💡 Participer aux actions nécessaires à la gouvernance du numérique ;

  • Exprimer vos demandes aux politiques qui doivent concevoir nos lois numériques et les faire appliquer (en particulier lors des différentes élections), et utiliser pour les services de l'Etat des IA "éthique". 
  • Demander à l’État ou/et aux administrations territoriales de nous informer et nous former correctement, pour nous protéger des risques de l’IA, avec la mise en place de structures-organisations adéquates au niveau de l'État (état central, région, départements ...)
  • Exiger / demander à utiliser des produits français, européens, ou "non liés à une puissance étrangère hostile"
  • Utiliser des média alternatifs "sociaux", c'est à dire, non surveillants, construits sur des déploiements algorithmiques basés sur l’analyse de contenus qui œuvre au « bien commun », plutôt que sur l’analyse des visiteurs, avec l'obligation, pour les réseaux sociaux commerciaux, à s’ouvrir à d’autres services de recommandations de contenus, laissant aux utilisateurs la liberté de choisir quel système leur recommande les contenus, selon quels critères et dans quel but.

 

 Remarque : Pour mémoire, rappelons l’expérience de la radio dans les années 30. John Reith a imaginé une radio publique, la BBC, qui ne soit contrôlée ni par les états, ni par les entreprises, financée par l’État, mais indépendante du gouvernement. Il propose de mettre en place des services publics de la communication démocratique. Et Il existe aujourd’hui des services mondiaux numériques non commerciaux Wikipedia, Openstreet ou Signal.

 

👉Comme investisseur et consommateur :


💡investir dans la recherche et le développement de systèmes qualitatifs et citoyens. Citons quelques pistes évoquées dans la presse : 

  • Appuyer des tiers de confiance (médias, institutions académiques, acteurs associatifs...) qui pourraient développer différents systèmes de recommandations de contenus selon des critères diversifiés et transparents, qui s’appuient sur les avis de différentes communautés de pairs "tiers de confiance". 
  • Collaborer, comme investisseur ou membres d'associations bénévoles, à la mise en place :
    • de label « site d’information vérifiée » avec des « fact checkers » (vérificateur d’information, comme l’AFP…), ou
    • de « réseaux sociaux alternatifs non-commerciaux et décentralisés avec un organe modérateur reconnu et labélisé » ou
    • d'une notation « éthique » des sites et réseaux sociaux sur le respect de nos lois et de  ceux de l’Europe (DSA, DMA, RGPD, IA Act) 
    • ....

💡Participer à une action collective de choix ou de refus de produits « néfastes ».
Evitez X, Instagram, Facebook... et nous aider les uns les autres à devenir un consommateur "éthique" du numérique.

 

 

👉 Pour conclure sur ces efforts que nous devons tous faire, 

Citons un extrait de l'article de Grand Continent du 28/12/2025 de Máriam Martínez-Bascuñánm : 

 « …la sortie de l’ère de la post-vérité ne passe pas seulement par le rétablissement de la crédibilité de la presse ou la restauration de l’intégrité des institutions.
Il faut aussi une citoyenneté qui ne se laisse pas tenter par le confort des certitudes préfabriquées ou par l’écho réconfortant de la tribu. 

Connaître la vérité est un choix. Ce n’est pas facile, et c’est presque toujours douloureux. 

Mais c’est un choix. Arendt a proposé comme modèle de citoyen pensant quelqu’un qui n’était ni philosophe de profession ni sage reconnu : Socrate, « un citoyen parmi les citoyens, qui n’a rien fait ni prétendu, sauf ce que, selon lui, tout citoyen a le droit d’être et de faire ».  La pensée n’est pas un privilège réservé aux experts. C’est le premier acte de résistance. Et elle est à la portée de tous. »

👉Nous devons exiger le contrôle du "processus technicien" dont le numérique est un terrain de prédilection.
Celui-ci - de fait - poursuit son développement de façon incontrôlée ("on n'arrête pas le progrès", mais il faut combattre les usages nocifs de la technique). 

 

 

Attitude perso vis à vis IA

 

 

 

 

 

 

 

Pour aller plus loin

 

Sur l'IA Slop 

voir le site operating eurovision and euroradio (article du 22 octobre 2025) :  « Tendances médias : comment le journalisme peut lutter contre le slop » de David-Julien Rahmil
Lire les livres : 

«Il faut accepter l’idée, le slop est en train de gagner» (Albertine Meunier et Hugo du Plessix interrogés par David-Julien Rahmil, L'ADN, 16 octobre 2025)
Roi du slop et du grotesque, Trump a retourné le paysage médiatique (David-Julien Rahmil, L'ADN, 21 octobre 2025)
Quand l’IA tue la littérature (Stéphanie Parmentier, The Conversation, 19 octobre 2025)
IA: comment sortir de la bulle ? (Antonin Bergeaud, Le Grand Continent, 21 octobre 2025)
Sur l'IA Slop, voir la conférence d' Ethan Zuckerman à Sciences Po du 17.05.2022  : "Nous devons imaginer un meilleur internet"

 

Sur la cyber-malveillance, nous vous conseillons d'aller sur le site du gouvernement : 

  • Assistance aux victimes de cybermalveillance | Site Officiel 
  • Pour lutter contre la désinformation, et pour identifier l’origine d’une information virale, d’une photo ou d’une vidéo hyper-truquée (« deepfake ») 
  • le site du gouvernement : Lutter contre les fake news | info.gouv.fr 
  • Le site français De facto (https://defacto-observatoire.fr/ ) est le premier espace indépendant où chercheurs, journalistes et professionnels de l’éducation aux médias et à l’information unissent leurs efforts dans la lutte contre la désinformation. Son ambition est de promouvoir la qualité de l’information – essentielle pour nos démocraties -, la diversité du débat public et la régulation des plateformes numériques.
     

Le site de l’Europe (UE) pour comprendre la désinformation pilotée par la Russie
EU vs Disinfo,   Site du Service européen (partie du service diplomatique de l’UE, dirigé par le haut représentant de l’UE) pour contrer la désinformation de la Russie. Ce site est le travail du  groupe de travail East Stratcom, une équipe constituée d’experts qui ont principalement suivi une formation en communication, journalisme, sciences sociales et étude de la Russie.
 

Pour simple information citons le dispositif européen RAS - Rapid Alert System. : Le système d’alerte rapide (RAS) est un élément important de l’approche globale de l’UE pour lutter contre la désinformation, et est un des quatre piliers du Plan d’action contre la dés-information approuvé par le Conseil Européen en décembre 2018. Il a été établi pour promouvoir le partage des connaissances entre les institutions de l’UE et les États membres en ce qui concerne les campagnes de désinformation, et pour coordonner les réponses. Le RAS de base sur des informations en open source s’appuie également sur les connaissances du monde universitaire, des vérificateurs de faits (fact checker), des plateformes en ligne et des partenaires internationaux. 
 

👉  En Anglais ; 2 sites pour vérifier une image ou une vidéo 

 

Deepware   (en anglais) qui permet de reconnaître les vidéos « hyper-truquéez » (deepfake),
 

TinEye - : Vous vous interrogez sur l’origine d’une image : Vous pouvez effectuer une recherche par image, ou ce que TInEye appelle une recherche inversée d’image. Vous pouvez le faire en téléchargeant une image ou en recherchant par URL. Vous pouvez aussi simplement glisser-déposer vos images pour commencer votre recherche. TinEye fait constamment le crawl du web et ajoute des images à son index. Aujourd’hui, l’indice TinEye compte plus de 72,1 milliards d’images.

Quelles questions se poser ? Articles individuels

IA : Processus d'information et création d'opinion

02/02/2026

IA : Processus d'information et création d'opinion
L'usage d'internet par les Français est en pleine croissance, comme le décrit le rapport du CREDOC : Voir l'édition 2026 du Baromètre du numérique conduit à la demande de l’Arcep, de l’Arcom, du CGE et de l’ANCT. L'information sur les faits, et les débats sur leurs interprétations se font aujourd'hui via le numérique boosté à l'IA.

 

Cheminement allant des faits à la formation de nos opinions

 

(1) Prise d'information sur les faits 

La première question à se poser, quand nous prenons connaissance de faits, est : Quelle est l'intention de celui qui nous la donne ? Et apprenons à distinguer la désinformation, la mésinformation, et mal information
• Désinformation : informations fausses et délibérément créées pour nuire à une personne, un groupe social, une organisation ou un pays.
• Mésinformation : informations fausses mais non créées dans l'intention de nuire.

• Mal information : informations basées sur la réalité, utilisées pour infliger un préjudice à une personne, un groupe social, une organisation ou un pays (sources Unesco).

Donnons deux exemples de moyens de diffuser de la fausse information:

 

 

Nous devons donc apprendre à vérifier les informations que nous recevons, et devenir des "fact checkers" permanents, suivant les 2 sources d'informations aujourd'hui : Les plateformes sur internet et les sources traditionelles (journaux, radio, télé...)

 

 

Les plateformes profitent d’un statut privilégié de simples canaux de partage d’informations. En effet au nom de l’article 230 du Communications Decency Act, voté en 1996, les plateformes ne peuvent être poursuivies en justice pour les contenus publiés par leurs utilisateurs. Ce régime est complètement distinct de celui des médias, tels les journaux, qui sont tenus à une responsabilité éditoriale.

Les « réseaux sociaux » et de nombreux site internet sont, pour beaucoup d'entre nous, le « carburant » de nos réactions intuitives, de nos affects, en stimulant la production de dopamine, et en  nous enfermant dans des bulles d’informations parfois non vérifiées, parcellaires ou fausses.  David Chavalarias publie en 2022 « Toxic Data », tout y est très simplement expliqué : Comment les mouvements d’opinion sont aujourd’hui hautement manipulés et amplifiés sur les réseaux ou les messagerie au point que nos démocraties vont y laisser leur peau.

En 2016, "les mathèmaticiens de  Cambidge Analytica font effacement campagne pour le oui  au Brexit avec leurs algorithmes d'influence en ligne personnalisée. Quelle humiliation pour la psyché humaine de voir ces modèles réduisant nos subtiles personnalités à cinq nombre, mesurant ouverture, conscienciosité, extraversion, amabilité, neuroticisme, pour mieux nous manipuler" (extrait podcast Radio France, épisode 3 "intelligence artificielle : utopie dystopique" de Cédric Villani). 

 

La Boétie décrit, dans son "Discours de la servitude volontaire", l'obéissance des peuples à la tyrannie, expliquant que celle-ci est maintenue par l'habitude, la corruption et la bêtise, plutôt que par la force. 

La tyrannie, exercée sur notre psychisme des réseaux sociaux et de certaines applications internet, doit être combattue !

 

(2) Débats nécessaires pour forger nos opinions

Un minimum d’empathie envers ses concitoyens est une condition indispensable pour un débat serein. Certains politiciens ont une autre opinion sur l'intérêt des débats serein : 

« La faiblesse fondamentale de la civilisation occidentale est l’empathie »

expliquait Elon Musk dans un interview sur le podcast de Joe Rogan. 

 

 

 

L'émergence d'une IA SLOP et
la dégradation du paysage informationnel

 

(1) L'émergence d'une IA SLOP, média de mauvaise qualité

Le slop (aussi appelé AI Slop) est un média de mauvaise qualité, comprenant des textes, des sons et des images, réalisé à l'aide d'une technologie d'intelligence artificielle générative. Inventé dans les années 2020, le terme a une connotation péjorative proche de celle de « spam ». Les contenus des « slops » sont ensuite réingérés dans les IA, et le cycle continue.

Citons l’article de Hubert Guillaud sur le texte de  la chercheuse Kate Crawford dans une tribune pour e-flux , « Vers l’effondrement métabolique » du 19 septembre 2025 (dans la Lettre hebdomadaire de café IA):    

L’industrialisation de contenus synthétiques réalisés à l'aide de l’IA

« Les producteurs de contenus synthétiques atteignent des taux d’engagements supérieurs aux influenceurs humains qui semblent de plus en plus indiscernables des humains, comme l’était, dès 2018, l’une des premières influenceuses synthétiques, Lil Miquela. Les équipes de création de contenu déploient des outils d’IA pour générer des centaines de publications, d’images et de vidéos potentielles, puis utilisent l’analyse de l’engagement pour identifier les combinaisons les plus addictives afin de les optimiser. L’industrialisation du contenu viral s’auto-accélère. Les fonds destinés aux créateurs de contenus se transforment en subvention du seul contenu synthétique, à l’image de TikTok ou Meta qui sponsorisent les usines à slops en distribuant des revenus du fait de leur viralité… »

Effondrement de l’IA slop ?

« L’évolution vers une IA générative massive et gourmande en données affecte l’environnement, le travail, la culture, la science … Les LLM sont en train de supplanter les sources d’information en ligne, cannibalisant les marchés de la création de contenu….De nombreuses études ont montré que les systèmes d’IA dégénèrent lorsqu’ils se nourrissent trop de leurs propres productions – un phénomène d’effondrement que les chercheurs appellent MAD (La maladie du modèle autophage). En d’autres termes, l’IA s’autodétruira, puis s’effondrera progressivement dans le non-sens et le bruit….’’L’IA slop n’est pas une aberration, mais une caractéristique inévitable du fonctionnement des médias génératifs’’. Cette rupture métabolique promet de multiples effondrements, prédit la chercheuse : effondrement des modèles, effondrement écologique et effondrement cognitif s’entrecroisent dans une forme de polycrise. »

 

Quelques chiffres de mesure de ce phénomène  de "pollution" numérique et médiatique»

L’accès sur internet à des articles issues d’une source « vérifiée » est pas facile

  • l’information relayée par les IA se trouve bien souvent dégradée. D’après une étude dirigée par la BBC, publiée le 22 octobre, 45% des réponses données par ChatGPT, Copilot, Gemini et Perplexity (sur 3000 requêtes analysées) présentaient au moins un problème important, tandis que 31% des réponses révélaient de graves problèmes de sourcing.
  • La distinction entre les sites générés par de vrais sites de presse et issues d’un travail journalistique et les sites zombies diffusant des articles générés par des IA Slop n’est pas faite par le principal pourvoyeur d’audience, l’agrégateur Google Discover. Les pages des sites zombies sont souvent suffisamment optimisées en SEO pour pouvoir apparaître dans l’agrégateur Google Discover.

Jean-Marc Manach, Next.ink, 18 décembre 2025 soulignait l'ampleur de ce phénomène : 

  • La «véritable "pollution" numérique et médiatique» et évoquait prés de 10 000 sites d’information en français générés par IA : «Plus de 1000 médias en français, générés par IA, polluent le web (et Google)», titrait Next en début (février) 2025, et courant 2025, 8900 sites ont été identifiés comme «en tout ou partie générés par IA» (GenAI), administrés (et monétisés) par plus de 200 éditeurs.
  • Rôle de Google Discover qui met en avant des sites générés par l'IA, pas par des personnes physiques responsables :
    Début octobre, Next révélait que près de 20% des 1000 sites d'info les plus recommandés par Google Discover, et 33% des 120 sites les plus recommandés par Google News, à la rubrique Technologie, étaient générés par IA. L'algorithme Discover de «recommandation de contenus» de Google, la principale source de trafic des sites journalistiques français, est en effet devenu une «pompe à fric» pour les sites monétisés par la publicité, majoritairement financés par… la régie publicitaire de Google.

Mesure d’audience des sites générés par IA (et recommandés par Google Discover) en % de la population Française

Source : Next et le Groupement des éditeurs de services en ligne (http://www.geste.fr/) 

 

👉«pièges à boomers», ou «boomer traps» :  Les inactifs, en particulier les personnes âgées, semblent en effet plus particulièrement susceptibles de tomber dans le piège de ce type d'infox et images GenAI, au point d'être qualifiées de «pièges à boomers», ou «boomer traps».»  

 

🔥 Le déploiement récent de la fonction AI Overviews [« aperçus IA »]  de Google implique que répondant directement aux requêtes des internautes par des synthèses produites par intelligence artificielle (IA), Google réduit la probabilité qu’un utilisateur clique vers les sites d’information. Les grandes plateformes comme google contrôlent : 
o    déjà le référencement, la recommandation d’information et la publicité,
o    et maintenant désormais la synthèse, la hiérarchisation, la reformulation et parfois même l’interprétation des contenus. Ils ne se contentent plus d’organiser la circulation de l’information ; ils organisent la manière dont elle est reconstituée et présentée.

 

Rappelons la situation actuelle de notre dépendance à des entreprises américaines ou chinoises propriétaires des réseaux sociaux qui n’assument pas le statut d’éditeurs de contenu, mais qui nous imposent leur ligne éditoriale par l’intermédiaire de leurs algorithmes. Seuls les contenus recommandés par leurs algorithmes sont vus, les autres demeurent invisibilisés. Ces algorithmes sont élaborés en toute opacité, basés sur des calculs purement quantitatifs arrimés à des objectifs commerciaux ou politiques, par une poignée d’acteurs privés qui effectuent le tri entre les contenus visibles et ceux que personne ne verra.
Dans un article du journal Le monde du 10 janvier 2026, à l’approche de la présidentielle de 2027, Arthur Mensch, fondateur et dirigeant de Mistral AI (start-up française) alerte sur le risque de voir se former un « oligopole de l’information » avec des assistants IA comme ChatGPT ou Grok, détenus par des acteurs américains et possibles « organes de contrôle de la pensée »… Et de prédire pour les prochaines élections des tentatives de manipulation de l’opinion ou des scandales, comme la récupération de millions de profils Facebook par l’agence Cambridge Analytica lors de la première campagne présidentielle de Donald Trump, en 2016, à l’époque où « on ne mesurait pas encore très bien l’influence des réseaux sociaux ». 

(2) Dégradation du paysage informationel 

Prenons la mesure de la dégradation du paysage informationel à cause de la montée en puissance des IA génératives et la prolifération du slop.

  1. L’apparition de contenus absurdes et viraux produits très facilement par des outils comme Sora, Veo ou Runway Gen qui permettent à quiconque de créer des vidéos hyperréalistes. La prolifération de contenus générés par IA pose un problème de pertinence. Ces textes reposent fréquemment sur des enquêtes journalistiques anciennes, souvent remixées sans aucune attribution ni vérification. Plusieurs analyses montrent que 45 % des réponses fournies par ChatGPT, Copilot, Gemini et Perplexity contiennent au moins un problème majeur. De plus, 31 % de ces contenus présentent de graves lacunes en matière de sourcing.
  2. Le changement d’attitude des consommateurs d’information en ligne :  

    Les assistants IA remplacent déjà les moteurs de recherche pour de nombreux utilisateurs. Selon le Digital News Report 2025 de l'Institut Reuters, 15 % des moins de 25 ans utilisent des assistants d'IA pour s'informer, contre 7 % de l'ensemble des consommateurs d'informations en ligne. »                         
                                 Recherche sur un moteur de recherche ou  réponse d’une IA à votre prompt ? 

    « … Lorsqu’un internaute se contente de synthèses de contenus générés par IA, il ne va pas vérifier les sources de lui-même, contrairement à une recherche sur Google « classique ». Les synthèses gomment la véracité des sources. On ne voit plus le design du site sur lequel les modèles ont pioché leurs réponses ou sa réputation. On ne voit qu’un texte propre, bien écrit, qui semble vrai…. Selon une étude menée l’an dernier par Bain & Company, « 80 % des consommateurs se fient désormais aux résultats générés par l’IA pour au moins 40 % de leurs recherches ». Voilà pourquoi il est urgent de redonner leurs valeurs premières aux sources vérifiées avant que le web ne se change en gigantesque chambre d’écho, ne propageant que des rumeurs erronées, mais bien référencées…. l’IA générative n’est pas un moteur de recherche ; c’est un algorithme qui brasse des probabilités. Il est aussi de notre responsabilité de ne pas nous faire avoir lorsqu’elle peut parfois nous livrer une bouillie informationnelle joliment présentée. » Publié le 25 février 2026 par Camille Coirault sur le site https://www.presse-citron.net/ 
  3. L'énorme volume  de contenus générés par IA dans le web :
    «Plus de 1000 médias en français, générés par IA, polluent le web (et Google)», titrait Next en février dernier. 14 à 16 millions d'internautes français consultent chaque mois l'un des 251 sites d'infos GenAI les plus recommandés par Google et identifiés par Next, selon une étude de Médiamétrie pour le Groupement des éditeurs de services en ligne. Près des trois quarts (74 %) de ces internautes ont plus de 50 ans, au point que ces derniers visitent plus de sites d'infos GenAI que de vrais sites d'actualités. 77 % y sont envoyés par l'un des services de Google (Discover, Search ou Actualités), et 10 % via Meta. 
    Plus de la moitié des articles mis en ligne dans l’espace d’une journée sont créés sur des IA, d’après une étude de l’agence Graphite, publiée courant octobre et basée sur l’analyse de 65000 textes. Ces articles :
    • sont  souvent des plagiats remixés d’enquêtes journalistiques datant parfois de plusieurs mois
    • ont aussi la particularité d’être publiés sur des sites zombies. Il peut s’agir de médias étudiants ou locaux laissés à l’abandon, ou d’anciens sites d’entreprises de livraison de fruits et légumes ou de promotion d’événements passés dont l’URL a été récupérée.
    • seraient pour le moment largement invisibles et peu recommandés par Google ou ChatGPT.

Pour plus d’information, voir le site de la Fondation Nieman pour le journalisme, une institution majeure de l'Université de Harvard, visant à promouvoir et élever les normes du journalisme.

4. les « bulles de filtres » désignent le mécanisme par lequel les algorithmes des plateformes, réseaux sociaux ou moteurs de recherche, tendraient à ne proposer aux utilisateurs que des contenus alignés sur leurs préférences, opinions ou comportements antérieurs. En somme, vous ne sortez plus de votre bulle (virtuelle)... En limitant l’exposition à une diversité de points de vue, les bulles de filtre risqueraient de restreindre la capacité des citoyens à se forger une opinion éclairée, fondée sur une compréhension nuancée et plurielle des enjeux. ... Par leur fonctionnement, les bulles de filtres pourraient renforcer la propagation de fausses informations, la circulation de contenus trompeurs ou l’influence de contenus politiques ciblés.

5. Les modèles d'IA ne sont pas neutres : ils portent les empreintes culturelles et les valeurs de leurs données d'entraînement. Aussi conçus pour être trop « empathiques » et répondre aux attentes des usagers, quitte à les conforter dans leurs idées, ils risquent d'accentuer cette hyper-individualisation de l'information. Avec les IA utilisées comme source d'information à la place de consulter des pages WEB suite à une recherche, « l’effort de validation [d’un lien] se déplace », constate Alberto Di Meglio. « Un document publié sur le Web a généralement un auteur connu, une forme fixe, et des citations dont on peut trouver la trace. (…) Une réponse fournie par LLM est une synthèse fluide dans laquelle les relations avec les sources sous-jacentes sont digérées par le modèle utilisé. La responsabilité de la vérification du lien repose ensuite davantage sur les lecteurs », décrit-il.

6. Propagande politique monétisée par les pages web « attrape-clip » des grandes plateformes :
De nombreux articles depuis 2026 alertent sur la propagande politique par les pages web « attrape-clip ».
-
Le journal Le Monde du 9/9/2026 « sur Facebook, le business des contenus réactionnaires générés par l’IA » 
- L'article de Niamh McIntyre sur l'IA slop et le "hateful AI" intitulé "Why the racist AI slop industry is booming" et publié le 19 mai 2026 sur le site The Bureau of Investigative Journalism

Principe de monétisation de contenu politique sur le web (pages à but lucratif)

De nombreuses pages véhiculant des messages haineux à destination du public français, anglais, allemand.., générées sur le web au Sri Lanka, en Algérie ou au Venezuela,… et même en France, obtiennent des audiences massives dans un but lucratif. Le journal Le Monde du 9/9/2026 cite dans un article « sur Facebook, le business des contenus réactionnaires générés par l’IA » :  « L’organisation non gouvernementale (ONG) Reset Tech, qui publie, mercredi 9 septembre (2626), une étude très complète consacrée à la publication de ce spam politique généré par IA, a ainsi identifié plus de 1 000 pages francophones élaborées par un même réseau de personnes vivant… au Sri Lanka. D’après les constatations du Monde, d’autres réseaux plus petits, mais publiant le même type de contenus, sont administrés depuis le Venezuela, le Vietnam, l’Algérie ou le Pakistan. …  Tout indique que le but premier de ces pages est lucratif. Meta a consolidé ses systèmes dans ce qu'on appelle la monétisation de contenu ». La monétisation de contenu  contient une série d'outils qui permettent de gagner de l'argent grâce à vos vidéos — Reels (des vidéos courtes comme sur les réseaux sociaux, ex. Instagram Reels), formats longs, publicités et interactions fans… les gérants de pages « attrape-clics » à destination des Européens peuvent espérer gagner dix fois plus.  L’IA accélère la viralité des publications politiques. Les personnes âgées sont souvent la cible. 

Pages web « attrape-clip » - Modèle économique des plateformes poussant à produire davantage de "slop"

Le modèle économique de Meta consiste à partager les revenus publicitaires de ses pages avec les créateurs de pages « attrape-clip » (qui se concentraient auparavant sur les images surprenantes, les animaux mignons et les quiz…). Ce modèle est basé sur son algorithme qui récompense les contenus provoquant des émotions extrêmes (rage, peur), ce qui incite à produire davantage de "slop" (contenu de mauvaise qualité mais lucratif), dans un contexte de manque de pression réglementaire : Meta n’a pas d’incitation financière à appliquer strictement ses propres règles. Rappelons les processus ces dernières années ayant conduit à l’affaiblissement de la modération par Meta : (1) réduction des équipes de modération (licenciements massifs) sous pression politique (ex. : accusations de "censure" pendant la présidence Biden).(2) remplacement par des outils d’IA peu efficaces : des contenus haineux restent facilement accessibles.  La réponse de Meta est la suivante (1) suppression de certaines pages après enquête, mais peu de conséquences durables (ex. : le réseau sri-lankais a repris ses activités après une courte suspension), (2) déclaration générique : "Nos standards interdisent la haine, le harcèlement et la désinformation, et nous avons supprimé ces comptes." Mais les moyens mis en place ne semblent pas efficasse.

Les grandes plateformes ne délivrent quasiment aucune information sur ces programmes de rémunération (YouTube, par exemple, a aussi son système de rémunération). Même en France, le business des pages attrape-clics qui parlent de politique se développe.

 

Conclusion :

« Les ingérences à finalité lucrative, on les voit un peu comme un tsunami qui est en train d’arriver, expliquait au Monde, à la mi-juin, le directeur de Viginum, Marc-Antoine Brillant, lors d’une rencontre avec des journalistes. Beaucoup de plateformes ont mis en place un système de rémunération de leurs créateurs. C’est massif et ça crée une physionomie de la menace un peu différente [des acteurs de la désinformation étatique]. C’est un enjeu systémique, intimement lié au modèle économique des plateformes. »

(*) Viginum est un organisme de l’état Français qui détecte et caractérise les tentatives de manipulation de l'information en ligne venant d'acteurs étrangers.

L’objectif n’est plus seulement de faire croire à une fausse information,
mais de provoquer une saturation cognitive :
submerger les citoyens de récits contradictoires
jusqu’à ce qu’ils ne croient plus en rien. 

La frontière entre vrai et faux s’efface chaque jour davantage.
🔥Nous risquons d'être submergés par des vagues de messages qui vont dégrader nos capacités de réfléchir et de jugement. 

 

Pour conclure sur cet effort que nous devons tous faire, citons un extrait de l'article extrait article Grand Continent du 28/12/2025 de Máriam Martínez-Bascuñánm :

 « …la sortie de l’ère de la post-vérité ne passe pas seulement par le rétablissement de la crédibilité de la presse ou la restauration de l’intégrité des institutions. Il faut aussi une citoyenneté qui ne se laisse pas tenter par le confort des certitudes préfabriquées ou par l’écho réconfortant de la tribu. 

Connaître la vérité est un choix. Ce n’est pas facile, et c’est presque toujours douloureux. 

Mais c’est un choix. Arendt a proposé comme modèle de citoyen pensant quelqu’un qui n’était ni philosophe de profession ni sage reconnu : Socrate, « un citoyen parmi les citoyens, qui n’a rien fait ni prétendu, sauf ce que, selon lui, tout citoyen a le droit d’être et de faire ».  La pensée n’est pas un privilège réservé aux experts. C’est le premier acte de résistance. Et elle est à la portée de tous. »

Nous devons exiger le contrôle du "processus technicien" dont le numérique est un terrain de prédilection. Celui-ci - de fait - poursuit son développement de façon incontrôlée ("on n'arrête pas le progrès", mais il faut combattre les usages nocifs de la technique). 

 

 

Comment réagir à cette situation du paysage numérique ? nous vous suggérons des types d'action dans notre article "réagir à titre personnel et comme citoyen

 

 

 

Pour aller plus loin

 voir le site operating eurovision and euroradio (article du 22 octobre 2025) :  « Tendances médias : comment le journalisme peut lutter contre le slop » de David-Julien Rahmil
Lire les livres :

  • «Il faut accepter l’idée, le slop est en train de gagner» (Albertine Meunier et Hugo du Plessix interrogés par David-Julien Rahmil, L'ADN, 16 octobre 2025)
  • Roi du slop et du grotesque, Trump a retourné le paysage médiatique (David-Julien Rahmil, L'ADN, 21 octobre 2025)
  • Quand l’IA tue la littérature (Stéphanie Parmentier, The Conversation, 19 octobre 2025)
  • IA: comment sortir de la bulle ? (Antonin Bergeaud, Le Grand Continent, 21 octobre 2025)

Sur l'IA Slop, voir la conférence d' Ethan Zuckerman à Sciences Po du 17.05.2022  : "Nous devons imaginer un meilleur internet"

 

Sur la cyber-malveillance, nous vous conseillons d'aller sur le site du gouvernement : 

Assistance aux victimes de cybermalveillance | Site Officiel

Pour lutter la désinformation, et pour identifier l’origine d’une information virale, d’une photo ou d’une vidéo hyper-truquée (« deepfake ») 

 

  • le site du gouvernement : Lutter contre les fake news | info.gouv.fr 

 

  • Le site français De facto (https://defacto-observatoire.fr/ ) est le premier espace indépendant où chercheurs, journalistes et professionnels de l’éducation aux médias et à l’information unissent leurs efforts dans la lutte contre la désinformation. Son ambition est de promouvoir la qualité de l’information – essentielle pour nos démocraties -, la diversité du débat public et la régulation des plateformes numériques.

 

  • Le site de l’Europe (UE) pour comprendre la désinformation pilotée par la Russie
    EU vs Disinfo,   Site du Service européen (partie du service diplomatique de l’UE, dirigé par le haut représentant de l’UE) pour contrer la désinformation de la Russie. Ce site est le travail du  groupe de travail East Stratcom, une équipe constituée d’experts qui ont principalement suivi une formation en communication, journalisme, sciences sociales et étude de la Russie.

 

    • Pour simple information citons le dispositif européen RAS - Rapid Alert System. : Le système d’alerte rapide (RAS) est un élément important de l’approche globale de l’UE pour lutter contre la désinformation, et est un des quatre piliers du Plan d’action contre la dés-information approuvé par le Conseil Européen en décembre 2018. Il a été établi pour promouvoir le partage des connaissances entre les institutions de l’UE et les États membres en ce qui concerne les campagnes de désinformation et de coordonner les réponses. Le RAS de base sur des informations en open source et s’appuie également sur les connaissances du monde universitaire, des vérificateurs de faits (fact checker), des plateformes en ligne et des partenaires internationaux. 

 

👉  En Anglais ; 2 sites pour vérifier une image ou une vidéo 

 

  • Deepware   (en anglais) qui permet de reconnaître les vidéos « hyper-truquée » (deepfake),

 

  • TinEye - : Vous vous interroger que l’origine d’une image : Vous pouvez effectuer une recherche par image ou ce que TInEye appele une recherche inversée d’image. Vous pouvez le faire en téléchargeant une image ou en recherchant par URL. Vous pouvez aussi simplement glisser-déposer vos images pour commencer votre recherche. TinEye fait constamment le crawl du web et ajoute des images à son index. Aujourd’hui, l’indice TinEye compte plus de 72,1 milliards d’images.

 

👉   Pour détecter si un document ou image a été généré par l'IA, Il existe une galerie d’outils comme Hive Detect, Resemble.ai, AI or Not, Reality Defender, Copyleaks, BrandWell, Sensity, Sightengine et les grands outils d’IA qui ont tous intégré ces fonctions, de Gemini à Claude, ChatGPT ou SuperGrok. Leur efficacité est jugé relative. 

 

 

 

 

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