Egalité Numérique

📢 Nous devons tous comprendre les enjeux du numérique et de l'intelligence artificielle (IA)

Il y a tellement d’incertitude que nous devons réfléchir à l’éducation pour faire comprendre comment le monde fonctionne et s’adapter au monde qui change, même si nous ne sommes pas à l'aise avec Internet. 

Ce site a pour objectif de donner quelques pistes de réflexions sur les enjeux et risques liés à cette technologie

L'IA, désinformation et risques pour la démocratie

Rôle des récits (images) produits par l'IA dans la démocratie
(1) La production de langage par l'IA impacte 2 fonctions de langages utiles pour la démocratieNous vous recommandons de lire le livre "Inappropriable. Ce que l’IA fait à l’humain" de M.Pingeot (édition Flammarion).
L’IA industrialise la production du langage en dissociant cette « production du langage » de l’expérience du monde d’un sujet ayant vécu, éprouvé ou pensé ce dont il parle, et de l’expérience de l’altérité, de la rencontre d’autrui.
Cette « production du langage » par une machine impacte 2 fonctions du langage utilisées entre les hommes pour faire vivre la démocratie : 
•    Rencontre de l’altérité : Le langage est un outil du vivre ensemble. « Nous ne partageons pas seulement un espace physique : nous construisons par le langage une représentation commune du réel, à travers lequel nous donnons collectivement sens au monde »(*). Renan définit la nation comme une « association volontaire d'individus partageant un passé commun et une volonté de poursuivre des projets communs ». Ce partage se fait par le langage en particulier. Les algorithmes personnalisent les contenus, confortent les préférences et facilitent la constitution de communautés d’affinités, de « tribus » partageant les mêmes opinions. Mais la démocratie a besoin de rencontre (de débats) entre personnes humaines pour organiser le vivre ensemble d’une Nation. « L’autre peut contredire, surprendre, résister et faire évoluer un point de vue. Une relation véritable comporte donc une part d’imprévisibilité et même de friction. » (*). L’IA générative ne doit pas nous détourner de dialoguer, lors de véritables rencontres, avec nos proches et concitoyens. La démocratie a besoin de vrais débats, pas de buzz.
(*) Article de Jean-François Soupizet à propos du livre de Mazarine Pingeot, Futuribles, 28 août 2026)
•    Rencontre avec le « vrai » : L’IA est indifférente à la distinction entre le vrai et le faux. Les applications boostées à l’IA organisent la visibilité des discours selon des critères d’audience, de viralité et d’engagement. La capacité de l’IA à fabriquer un discours (ou une image) cohérent(e), à provoquer une émotion ou à susciter l’adhésion peut nous détourner de la confrontation avec le réel. Elle ne nous aide pas à vérifier l’adéquation entre l’énoncé (ou l'image) et le réel défini comme "ce qui fait sens pour nous", comme par exemple une « vérité scientifique », c’est-à-dire à une construction d’une communauté (les scientifiques) que nous respectons. La démocratie a besoin d’informations « vraies » (c'est à dire d'informations à penser en terme de sens et de compréhension) à débattre. 
 (2) La présentation faite par l'IA de l'information (comme un divertissement) nous éloigne de la compréhension des enjeux globaux et de la recherche de contexte d’une information, indispensable à la démocratie
Nous résumons, avec quelques citations, des éléments d’articles de Hubert Guillaud diffusé sur son site « dans les algorithmes » que nous vous recommandons de lire . 
L’utilisation d’élément de communication numérique comme un « méme » encourage la non réflexion. Un mème est un élément culturel, généralement sous forme d’une image, d’une vidéo, d’un texte …Les mèmes sont humoristiques, satiriques, ironiques ou simplement partagés pour leur valeur divertissante. Ils sont souvent créés pour illustrer une idée, une situation ou un sentiment spécifique d’une manière concise et facilement reconnaissable. « l’appréciation des mèmes ne dépend plus de la compréhension des enjeux globaux ni de la recherche de contexte »…
 L’idée diffusée par ces techniques de communication numérique est que « toute information peut et doit être vécue comme un divertissement… Son mal ne réside pas dans le fait de nous persuader de choses fausses, mais dans l’érosion du sens des responsabilités collectives face à l’information partagée…C’est un peu comme si ces images permettaient d’enlever de l’actualité sa complexité… Au lieu de rechercher l’information en reconnaissant notre ignorance, nous ingérons des quantités massives d’informations simulées et de propagande maladroite qui nous donne l’illusion d’être imbus de nous-mêmes. Si le devoir civique, en tant que raison de s’informer, s’est atrophié, la diffusion de désinformation vise à l’anéantir complètement… L’industrie médiatique a subordonné la vérité au spectacle, éliminant les points de vue marginalisés et les voix divergentes… La « crise de la vérité » ne provient pas d’un nouveau pouvoir des médias de nous tromper, « mais de la conviction que la simple consommation de médias suffit à nous faire vivre dans le monde réel...l’indifférence à la vérité procure des récompenses émotionnelles immédiates. »  Rôle de l'IA dans l'Information

 Le rôle de l’IA dans l’information est triple :

  1. celui de la recommandation de contenu sur les plateformes (dont les algoritmes des réseaux sociaux),Ekaterina Zhuravskaya, professeure d'économie à l'École d'économie de Paris (PSE), a publié le 25/02/26 une tribune: « Oui, les algorithmes des réseaux sociaux influencent durablement nos opinions politiques ». Dans cette étude récente qu’elle a coréalisée, elle démontre que le fil algorithmique du réseau social X privilégie les contenus de droite et modifie les choix d’abonnements des utilisateurs ». Elle nous invite à : " ouvrir une discussion sérieuse sur la régulation des algorithmes de recommandation et sur la transparence des plateformes. Le résultat le plus frappant, c’est qu’ils relèguent massivement les contenus des médias traditionnels, laissant de nombreux utilisateurs sans repères solides. » 
  2. celui de l’IA productrice d’information (IA générative avec des outils pour fabriquer les deepfake, ou des résumés-synthèses),
  3. mais aussi celui d'accélérateur de diffusion (troll, création de faux comptes…)

 

Sans information correcte pour chaque citoyen, la démocratie ne peut pas fonctionner. Avec l'IA, des images, textes, vidéos peuvent être créés pour nous donner une impression d'avoir une information sur le réel, alors que des politiques et des puissances étrangères utilisent cet outil pour fabriquer de fausses informations. La désinformation contemporaine est devenue multiforme, rapide et industrialisée, visant les perceptions, les émotions et la cohésion sociale des sociétés adverses. 

 

Situation actuelle de l'IA dans les processus d''information

Usage actuel de l'IA : source d'information pour se renseigner (sur une personnalité , un parti politique...)

D'après la dernière étude de l'ARCOM parue début 2026 sur les Français et l'Information, "Un Français sur quatre déclare ainsi avoir déjà interrogé un modèle d’IA pour se renseigner sur une personnalité ou un parti politique (25%) tandis que 23% ne l’ont pas encore fait, mais sont prêts à l’essayer. Au final, ce sont donc près d’un Français sur deux (48%) qui a déjà utilisé ou envisage d’utiliser un outil d’IA générative pour se renseigner sur la politique.

Ce résultat a de quoi interpeller alors que s’ouvre une séquence électorale majeure, avec les municipales de mars 2026, puis la présidentielle en 2027. Surtout lorsque l’on sait que les outils les plus utilisés par les Français sont étrangers : 50% des Français ont déjà utilisé ChapGPT (OpenAI), 42% Gemini (Google), 37% Meta AI et 28% Microsoft Copilot.

Ces usages posent de nombreuses questions : souveraineté, ingérence, rapport à l’information et donc, nécessairement, formation des opinions et structuration des choix de vote.

Il est important de noter que l’usage ou l’intention d’utiliser de l’IA générative pour se renseigner sur une personnalité ou un parti politique apparaît plus répandu dans certaines catégories de la population, à l’instar de l’usage des outils d’IA en général : les hommes (57%) mais surtout les jeunes de 18-24 ans (75%) qui pour certains voteront pour la première fois. 

 

Le Réseau international de vérification des faits (International Fact-Checking Network ou IFCN)

Apparu sous sa forme moderne au début des années 2000 dans la presse américaine, le fact-checking se focalisait initialement sur les bobards politiques. Avec le développement des réseaux sociaux, … le journalisme de vérification s’impose comme une innovation journalistique autant qu’un signe des temps.
Le Réseau international de vérification des faits (International Fact-Checking Network ou IFCN), hébergé par le Poynter Institute, rassemble et renforce les initiatives de vérification des faits à travers le monde. Fondé en 2015, l'IFCN œuvre pour l'intégrité de l'information et soutient les journalistes spécialisés dans la vérification des faits grâce à :
•    la mise en réseau des organisations de fact-checking ;
•    le renforcement des capacités et la formation ;
•    la promotion de la collaboration internationale.
L'IFCN relie aujourd'hui plus de 170 organisations de vérification des faits dans le monde par le biais d'actions de sensibilisation, de programmes de formation et d'événements internationaux.
Loin de son image de ministère de la vérité, l’industrie de la vérification demeure en réalité artisanale. En 2026, un an après son lâchage en règle par Mark Zuckerberg (PDG de Meta (anciennement Facebook)), 76 % des membres de l’IFCN se disent en situation financière précaire. Derrière le leader mondial, l’AFP, qui y consacre environ 140 personnes (10 % de ses effectifs), plus d’un tiers des médias de fact-checking comptent leurs collaborateurs sur une main.
🥁 Dans le même temps, des acteurs majeurs de la zizanie informationnelle (Poutine, Peter Thiel...) redoublent d’efforts. 
•    En avril 2025, TASS, la principale agence de presse russe, intronise le Global Fact-Checking Network (GFCN), un site de vérification qui mélange authentiques articles de démystification et propagande du Kremlin. 
•    En avril de cette année, le milliardaire libertarien Peter Thiel annonce Objection.ai, un service en ligne censé générer par intelligence artificielle des contestations d’articles de presse. 
Comme l’organisme de Poutine, cela consiste à revêtir les habits du fact-checking pour le retourner contre les médias .

 

🔥L'IA slop interroge l’avenir de l’information en ligne
Extrait du blog du moderateur « AI-slop, web décharge numérique » (20/01/2026)

Le terme « AI slop » (littéralement « bouillie IA ») désigne le contenu numérique créé par IA générative qui se caractérise par son absence d’effort, sa faible qualité et son volume de production écrasant. Cette expression regroupe des images générées avec des erreurs anatomiques flagrantes, des textes truffés d’incohérences, des vidéos surréalistes ou encore de faux avis produits. À l’origine, « slop » désignait la boue qui s’accumule au fond des citernes de navires pétroliers….« Le slop est conçu pour capter l’attention, pour se démarquer dans le flux incessant de nos fils d’actualité », analyse Valentina Tanni, historienne de l'art spécialisée dans la relation entre l'art et la technologie. « C’est pourquoi les vidéos s’attardent souvent sur l’absurde, le non-sens, l’inattendu, le choquant, voire le dégoûtant. »… L’article de 404 Media évoque « .. c’est le stade au-dessus du deepfake, car à force de les regarder, on se détache de plus en plus de la réalité  »  « au-delà de cette profusion de contenu de piètre qualité, .le quasi-effondrement de l’écosystème informationnel et, par conséquent, de la ‘’réalité’’ en ligne ». Kate Crawford, spécialiste de l’IA, rappelle la phrase du propagandiste d’extrême-droite Steve Bannon, prononcée en 2020 : « La véritable opposition, ce sont les médias. Et la meilleure façon de les contrer, c’est de les inonder de merde. »… Le slop interroge l’avenir de l’information en ligne. 

Mais la production massive de contenus générés et/ou falsifiés par l’IA n’est pas le seul danger. L’astroturfing consiste à simuler un mouvement spontané de population pour influencer l'opinion publique, souvent financée par des entreprises ou des partis politiques, ceci au moyen de création massive de profils en ligne (sur les réseaux sociaux, forums, blogs) qui publient des messages favorables ou critiques, afin de manipuler les algorithmes de recommandation qui amplifient automatiquement les contenus ayant le plus de clics.

Ces algorithmes de recommandation nous abreuvent de messages sur notre messagerie, la page d’accueil de notre navigateur web et de notre moteur de recherche. 

 

🔥 Fonction « Overviews » (résumé des informations) des IA : rupture de nos méthodes d'information !
La fonction « Overviews » (résumé des informations) a pour objectif de remplacer nos consultations de page web ? 
C'est une rupture de nos méthodes d'information ! Et un risque pour nos démocraties !

Un article du journal « Le Monde » du 4 aôut 2026 d’Henri Isaac, maître de conférences à l’université Paris-Dauphine, souligne que L’application « WEB », tout comme les applications mobiles sur nos smartphones s’effacent derrière des interfaces conversationnelles et les IA génératives. Les lecteurs ont progressivement abandonné la navigation sur les sites Web au profit des réseaux sociaux, des agrégateurs d’informations, des notifications mobiles. L’arrivée de l’intelligence artificielle générative signe le moment où le Web cesse d’être l’interface principale entre les citoyens et l’information. Les données d’audience montrent que les médias traditionnels ont cessé d’être des destinations pour devenir des contenus circulant dans des environnements contrôlés par d’autres acteurs (réseaux sociaux, fournisseur d’application d’IA). 
Par exemple, le déploiement récent de la fonction AI Overviews [« aperçus IA »]  de Google implique que répondant directement aux requêtes des internautes par des synthèses produites par intelligence artificielle (IA), Google réduit la probabilité qu’un utilisateur clique vers les sites d’information. Les grandes plateformes comme google contrôlent : 
o    déjà le référencement, la recommandation d’information et la publicité,
o    et maintenant désormais la synthèse, la hiérarchisation, la reformulation et parfois même l’interprétation des contenus. Ils ne se contentent plus d’organiser la circulation de l’information ; ils organisent la manière dont elle est reconstituée et présentée.

La porte d’entrée vers les médias que représente aujourd’hui Google risque de se refermer. Depuis la mise en place d’IA Overviews (disponible depuis 2024 aux Etats-Unis), le nombre de visites en provenance du moteur de recherche a plongé de 33 % entre novembre 2024 et novembre 2025 sur les 2 500 sites d’actualité étudiés par la société d’analyse Chartbeat. "


👉 « Les systèmes d’intelligence artificielle introduisent une rupture plus profonde : ils séparent la production de l’information de sa consultation. Le média risque de devenir un fournisseur d’informations mobilisées, synthétisées et reformulées par des interfaces qui appartiennent à d’autres….Le débat qui s’ouvre avec l’intelligence artificielle dépasse ainsi le seul avenir de la presse ou de l’audiovisuel. Il concerne notre souveraineté informationnelle, notre capacité collective à produire des connaissances fiables et, finalement, le fonctionnement même de notre démocratie. » 

 

L'intervention de pays étrangers dans notre univers informationnel :

Les élites militaires russes ont théorisé depuis trente ans le contournement de la lutte armée, qui n’est plus jugée aussi centrale pour atteindre ses objectifs politiques. Il s’agit d’actions non militaires, comme les opérations psychologico-informationnelles, ou de menées militaires indirectes, comme des actes de sabotage, des assassinats ou l’emploi de sociétés militaires privées pour atteindre ses cibles. Comme expliqué dans le livre paru en 2023 « la guerre de l’information » de David Colon :  « En l’espace de quelques années à peine, la puissance des États en est venue à dépendre comme jamais auparavant de leur capacité à recourir à l’information comme une arme, à des fins militaires, politiques ou diplomatiques. Sans que les opinions publiques en prennent conscience, les démocraties et les régimes autoritaires se sont engagés dans une guerre de l’information à l’échelle planétaire… ». « L’une des causes majeures de l’affaiblissement de nos démocraties tient au profond changement de nos façons de communiquer et de nous informer » (Barack Obama à Standford en avril 2022 cité par Le Monde avec AFP le 22 avril 2022).
D’Signalons le terme « FIMI », pour Foreign Information Manipulation and Interference (« interférence et manipulation étrangères de l’information »), terme que l’Union européenne a adopté en 2023, pour qualifier « la manipulation informationnelle volontaire, stratégique et coordonnée », un phénomène considéré comme un enjeu de défense.

 

Formation d'un oligopole de l'information constitué des sociétés américaines et chinoises fournisseurs des plateformes et d'IA. Dans un article du journal Le monde du 10 janvier 2026, à l’approche de la présidentielle de 2027, Arthur Mensch, fondateur et dirigeant de Mistral AI (start-up française) alerte sur le risque de voir se former un « oligopole de l’information » avec des assistants IA comme ChatGPT ou Grok, détenus par des acteurs américains et possibles « organes de contrôle de la pensée »… Et de prédire pour les prochaines élections des tentatives de manipulation de l’opinion ou des scandales, comme la récupération de millions de profils Facebook par l’agence Cambridge Analytica lors de la première campagne présidentielle de Donald Trump, en 2016, à l’époque où « on ne mesurait pas encore très bien l’influence des réseaux sociaux ». 

 

Information sur l'usage de l'IA (et ses données d'entrée) par l'administration de nos états .
Citons l'article de Hubert Guillaud du 07/10/2025 : "L’IA prédictive comme générative semble offrir une multitude d’avantages à l’élaboration des politiques publiques : de l’analyse de données complexes à l’optimisation des ressources. Elle semble à la fois être capable d’apporter une vision globale et d’identifier les leviers permettant de la modifier. Recourir à l’IA signifie mettre en place des politiques conduites par les données, ce qui permet d’assurer une forme d’objectivité, notamment quand il s’agit de rationner le service public…  Mais, cette production de solutions politiques semble oublier que l’IA est incapable de résoudre les problèmes structurels. Elle propose des solutions performatives qui obscurcissent et amplifient les problèmes...".

Guillaud site un article de Dan MacQuillan, maître de conférence au département d’informatique de l’université Goldsmiths de Londres : « La complexité de l’IA introduit une opacité fondamentale dans le lien entre les données d’entrée et les résultats, rendant impossible de déterminer précisément pourquoi elle a généré un résultat particulier, empêchant ainsi toute voie de recours".

Le développement de l’Intelligence artificielle peut permettre aussi une surveillance de l’État. Des projets tels que l’initiative Skynet de la Chine montrent comment l’IA peut être utilisée pour surveiller et contrôler les populations, ce qui peut conduire à une érosion des normes démocratiques. Ces systèmes s’appuient sur l’IA pour collecter de grandes quantités de données sur les citoyens, en leur attribuant des notes de crédit social qui affectent leur statut social et leurs libertés.

Certains seigneurs de la Tech développent et diffusent des idées anti-démocratiques

Peter Thiel, 8ème fortune mondiale, créateur de Pallentir, place la liberté individuelle au-dessus de tout, prônant un capitalisme dérégulé et un Etat minimal, voire inexistant. Il prône un système oligarchique où la gouvernance serait assurée par quelques-uns – des hommes, riches entrepreneurs, de préférence – exaltant le progrès, la technologie, l’individu roi. La monarchie est le meilleur des régimes, soutient-il dans son essai De zéro à un (JC Lattès, 2016).  Il ne s’oppose pas seulement à l’Etat traditionnel, il conteste ainsi les institutions américaines, déplorant que « les mécanismes constitutionnels américains » empêchent la « reconstruction de l’ancienne République par une seule personne ambitieuse ». En 2009, il exposait ainsi sa pensée, dans un article intitulé « L’Education d’un libertarien » : « Je suis opposé aux taxes confiscatoires, aux collectifs totalitaires et à l’idéologie de l’inévitabilité de la mort (…). Je ne crois plus que la liberté et la démocratie soient compatibles. ». Pour Thiel, liberté et démocratie sont incompatible!

 

 

🔥 L'état actuel de guerre informationnelle et cognitive

Nous avons explicité les risques liès à "facturation attentionelle", à l' "IA émotionelle", à “l'effet de serre psychique” sur notre page "risques de l'IA" , risques réels liés aux méthodes favorisant viralité et brouillard informationnel mises en oeuvre par plusieurs acteurs de l'écosysthème de la désinformation. Cet écosystème  « s’étend à des entreprises commerciales, des idéologues ou même des particuliers cherchant à prouver leur valeur dans le domaine de l’influence numérique. Ce système s’auto-alimente grâce à la baisse des coûts technologiques : Internet, les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle permettent à de nouveaux acteurs d’entrer dans la compétition informationnelle, créant un environnement où la frontière entre vérité et manipulation devient de plus en plus floue... Les outils numériques ont révolutionné la désinformation. Les deepfakes, les sites générés par IA, ou les campagnes de désinformation massives sur les réseaux sociaux permettent de diffuser rapidement des récits fabriqués. Ces méthodes favorisent la vitesse, la viralité et le brouillard informationnel, rendant la vérification de plus en plus complexe.

L’objectif n’est plus seulement de faire croire à une fausse information, mais de provoquer une saturation cognitive : submerger les citoyens de récits contradictoires jusqu’à ce qu’ils ne croient plus en rien. 
Cette stratégie s’avère redoutable, car elle mine les fondements mêmes de la démocratie et du débat rationnel. » (Extrait de l'article sur le site diploweb.com de Christine Dugoin-Clément, Chercheuse à l'Observatoire de l'intelligence artificielle - Université Panthéon-Sorbonne).

 

« La guerre informationnelle cible vos pensées.
La guerre cognitive, elle, cible votre façon de penser, voire votre capacité même à penser. »
(extrait de l'article du journal Le Monde du 10 août 26 d'Aude Dassonville)

 

👉  voir nos 2 articles sur 
Quelles actions personnelles et de citoyen vis à vis de l'IA?

Programme politique d'appropriation de l'IA pour le bien commun

  • Risques de l'IA
    • Information-Souveraineté
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