📢 Nous devons tous comprendre les enjeux du numérique et de l'intelligence artificielle (IA)
car nous sommes tous concernés individuellement et comme citoyen,
même si nous ne sommes pas à l'aise avec Internet.
Ce site a pour objectif de donner quelques pistes de réflexions sur les enjeux et risques liés à cette technologie
Rappelons l’évolution des règlements et directives dans le domaine numérique :
• 1995 : adoption de la directive sur les données personnelles
• 2000 : adoption de la directive sur le commerce électronique, qui réglemente les transactions en ligne et l’e-commerce
• 2004–2013 : régulation du numérique par la concurrence
• 2004 : première amende de Microsoft (497 millions €) pour abus de position dominante
• 2009 : amende d’Intel de 1,06 milliard € pour abus de position dominante sur le marché des microprocesseurs
• 2013 : deuxième amende de Microsoft (561 millions €) pour avoir imposé son navigateur Internet Explorer
• 2016 : adoption du RGPD
• 2014–2024 : législation comme le DMA et le DSA
• 2024 : AI Act (Artificial Intelligence Act)
Principaux textes européens
(*) Sur le délicat problème de la protection des données personnelles, les plateformes ont l’interdiction de les croiser sans consentement. Encore faut-il que l’ergonomie permettant de dire « non » à l’utilisation des données personnelles soit performante, ce qui ne semble pas être le cas actuellement.
(**) Le Digital Services Act, voté en octobre 2022 et entré en application en février 2024, joue un rôle important pour la protection des citoyens. Citons par exemple :
• l’interdiction des dark patterns et de la publicité ciblée sur les mineurs ;
• l’obligation de fournir des outils de signalement aux usagers (pour repérer les fausses informations) ;
• l’obligation de transparence sur les algorithmes de modération et de recommandation ;
• la lutte contre les monopoles des grandes plateformes.
(***) Sur l’AI Act, un résumé synthétique est disponible sur le site de l’Union européenne :
https://artificialintelligenceact.eu/fr/high-level-summary/ . Luc Julia, directeur scientifique de Renault, déclare :
« L’AI Act classe les IA selon quatre niveaux de risque et interdit certaines technologies. Ce texte confond technologies et applications : interdire une technologie revient à se priver d’innovations potentielles. »
(****) Le « Digital Omnibus » est un paquet législatif adopté par la Commission européenne le 26 février 2025 visant à simplifier et harmoniser un large éventail de règles européennes (RGPD, NIS2, DORA, Cyber Act, CRA, DSA, DMA, MiCA, Cyber Solidarité). Toutes seraient nécessaires et fondées, mais constituent une véritable jungle réglementaire pour les entreprises, notamment les PME et ETI.
D’autres textes peuvent être cités, comme la directive (UE) 2024/2831 du 23 octobre 2024 relative à l’amélioration des conditions de travail dans le cadre du travail via une plateforme.
Le « Digital Omnibus » est un paquet législatif adopté par la Commission européenne le 26 février 2025 visant à simplifier et harmoniser un large éventail de règles européennes (RGPD, NIS2, DORA, Cyber Act, CRA, DSA, DMA, MiCA, Cyber Solidarité). Toutes seraient nécessaires et fondées, mais constituent une véritable jungle réglementaire pour les entreprises, notamment les PME et ETI.
Enfin, soulignons les délais longs de mise en œuvre de ces textes.
Le règlement DMA est progressivement applicable depuis le 2 mai 2023 et est entré totalement en vigueur le 6 mars 2024.
L’AI Act est entré en vigueur en août 2024, avec une application progressive jusqu’en août 2026 :
• 2 février 2025 : interdictions relatives aux systèmes d’IA présentant des risques inacceptables
• 2 août 2025 : application des règles pour les modèles d’IA à usage général et nomination des autorités compétentes
• 2 août 2026 : application complète, notamment pour les systèmes d’IA à haut risque.
Depuis début 2024, l’UE a intensifié ses actions réglementaires et judiciaires dans le cadre réglementaire global (DMA, AI Act, RGPD…) permettant de contrôler, sanctionner et encadrer l’activité des GAFAM et des éditeurs de logiciels IA avec :
1. Des enquêtes et premières sanctions sous le cadre du DMA (Digital Markets Act),
2. Des contrôles renforcés sous le cadre du AI Act (qui rentre progressivement en vigueur),
3. Des procédures sous le cadre du RGPD (Règlement de protection des données),
4. Une montée en puissance des droits des consommateurs et la responsabilité des plateformes
Citons plusieurs les actions timorées de l'Europe en 2025 et début 2026 :
La France ne maîtrise plus les conditions techniques et juridiques de fonctionnement normal de son économie, de son administration et de son espace public…Les administrations, les hôpitaux, les entreprises stratégiques françaises dépendent massivement d’acteurs américains.»
Les sous-secteurs du "numérique" -------------- les principaux acteurs américains
Au plan géopolitique, le numérique (dont l'IA) est un outil de contrôle stratégique. Les gouvernements, les institutions et toutes les start-ups européennes spécialisées dans l’IA continuent de fonctionner principalement sur l’infrastructure américaine ou ont à tout le moins besoin d’accéder à certaines parties de cette infrastructure. Lorsque le cloud d’Amazon tombe en panne, 30 % d’Internet peut être hors service — et ces coupures nous affectent tous.
La politique (et la législation) américaine contraire à notre souveraineté numérique
Dernièrement, les Etats Unis marchandent leur protection dans le cadre de l'OTAN à l'occasion du conflit Ukraine-Russie, garantie de protection "indexée à des marqueurs de loyauté" : achat d'armement aux Etats-Unis, droits de douane désiquilibrée (en particulier sur les services numériques américains peu ou pas taxés), diminution du cadre juridique européen (IA act, DMA, DSA, RGPD...) sur les services numériques en Europe.
Le CLOUD Act américain, adopté en 2018, permet aux instances de justice américaines de contraindre les fournisseurs de services établis sur le territoire des États-Unis à fournir les données stockées sur des serveurs situés aux USA ou dans d’autres pays. Cette législation extraterritoriale représente une menace directe pour la souveraineté des données européennes. Même si les serveurs sont physiquement localisés en France, un tribunal américain peut ordonner l’accès aux données. Cette réalité juridique rend illusoire toute prétention à une véritable souveraineté numérique tant que l’État français continue de dépendre massivement des solutions américaines.
Le positionnement de la France doit s’accompagner d’une politique progressive d’indépendance dans les domaines qui relèvent de ses enjeux vitaux, comme le numérique, ce qui ne semble pas le cas ces dernières années.
🤦 Quelques exemples de décisions de l'Etat Français !🤖
Dans une tribune au journal Le Monde du 24 octobre 2025, David Monniaux, Directeur de recherche au CNRS, souligne les dangers de la dépendance numérique européenne à l’égard des géants du Web, soumis à la législation américaine.
(In)dépendance des Clouds utilisés par l'administration et les entreprises
Dans le journal Le Figaro du 29 octobre 2025, 35 personnalités dont le haut fonctionnaire Patrice Huiban, l’ancien ministre Arnaud Montebourg et la journaliste Natacha Polony, alertent sur la dépendance américaine de nos clouds labélisés « de confiance ». Ils y voient un danger pour notre souveraineté numérique. " Les données sont devenues l’un des actifs les plus stratégiques de notre époque. Leur maîtrise conditionne désormais notre souveraineté, tant économique que politique.
Ces principes, sur lesquels nous nous appuyons pour ce paragraphe
ont été défendus par le CESE (centre économique social et environnemental)
dans un rapport
"Pour une intelligence artificielle au service de l'intérêt général".
Quatre types d'actions semblent nécessaires :
pour soutenir la demande publique et privée des acteurs principaux français et européens dans ce secteur numérique (éditeurs, entreprises de services , industrielles, administration... ) par :
un "buying act"(obligation d'acheter français, ou européen...) pour les entreprise publiques et l'administration,
des mesures incitatrices pour les entreprises (dispositif de labellisation valorisant à l’export, évaluation de l'aide à la souveraineté européenne ou française dans leur bilan sur leur responsabilité sociétale),
un cahier des charges spécifiques d'un internet sécurisé (dans un monde de guerre numérique : voir notre article "Information numérique : Une nouvelle guerre ?") et au service des citoyens respectant les lois régissant le marché européen,
une animation et coordination des structures publiques, comme l'ANCII, l'ARCEP, la CNII, pour le contrôle des plateformes "contrôleurs d'accès" et plus généralement les outils numériques utilisées par l’État, les entreprises et les particuliers (voir l'article du 29/10/25 du Figaro "Souveraineté numérique, la France doit faire preuve de la même ambition que pour le nucléaire dans les années 60").
La Commission européenne a publié son rapport annuel sur l’état d’avancement de la décennie numérique. Ce rapport montre les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs fixés pour 2030 dans le programme d’action pour la décennie numérique.
Principales conclusions de ce rapport annuel de la commission européenne :
• Infrastructures numériques : malgré certaines avancées, le déploiement des infrastructures de connectivité, telles que la fibre optique et les réseaux 5G autonomes, progresse lentement
• Numérisation des entreprises : l’adoption de l’intelligence artificielle (IA), de l’informatique en nuage et des mégadonnées par les entreprises s’est améliorée, mais elle doit encore s’accélérer
• Compétences numériques : seuls 55,6 % des Européens possèdent un niveau de compétences numériques de base, tandis que la disponibilité de spécialistes des TIC possédant des compétences avancées reste faible, avec un écart important entre les hommes et les femmes, ce qui entrave les progrès en matière de cybersécurité et d’IA
• Numérisation des services publics : en 2024, l’Union a accompli des progrès constants dans la numérisation des services publics essentiels, mais une part importante des infrastructures numériques publiques continue de dépendre de prestataires de services établis en dehors de l’Union.
👉 Il apparait donc que la numérisation de l'Europe aujourd'hui repose sur l'utilisation en très grande partie sur l'utilisation de plateformes numériques américaines, rendant l'Europe vulnérable au pressions américaines dans le cadre d'un marchandage généralisé de vente et d’achat de services et de biens avec le gouvernement Trump. Voir notre page de ce site sur les "risques de l'IA".
👉Les données disponibles montrent des problèmes persistants, tels que la fragmentation des marchés, la complexité excessive des réglementations, la sécurité et la dépendance stratégique (*).
(*) Il apparait donc que la numérisation de l'Europe aujourd'hui repose sur l'utilisation en très grande partie sur l'utilisation de plateformes numériques américaines, rendant l'Europe vulnérable au pressions américaines dans le cadre d'un marchandage généralisé de vente et d’achat de services et de biens avec le gouvernement Trump. Voir notre page de ce site sur les "risques de l'IA".
Le rapport souligne les avantages potentiels d’une action audacieuse, susceptible de stimuler le PIB de l’Union européenne.
👉 voir l’article de la revue européenne des médias et du numérique : Cet article site le rapport Draghi Mario (ex président de la Banque centrale européenne de 2011 à 2019) : « The future of European competitiveness – A competitiveness strategy for Europe », Bruxelles, Commission européenne, 9 septembre 2024.
Extrait de l’article : « En effet, après avoir longtemps prôné une approche basée essentiellement sur la promotion de la concurrence et sur l’adoption de normes qu’elle espérait voir se diffuser au reste du monde, la Commission donne cette fois des signes d’un virage en faveur d’une approche plus défensive et autocentrée, articulée autour de la notion de « souveraineté technologique » et de soutien aux industries européennes. »
Mais cette nécessité urgente de souveraineté ne semble pas majoritaire au niveau européen ?
Pour garder une souveraineté européenne dans le domaine numérique, en prenant de vitesse les politiques de la communauté européenne, par nature non agiles et consommatrice de fonds de l’UE, avec un logiciel macroéconomique européen libre échangiste et pro-concurrence inopérant dans cette nouvelle ère de la mondialisation, l’idée émergente est que la formation rapide des champions européens numériques se fera par les groupes industriels européens eux-mêmes :
• guidés par les profits à venir,
• soutenus par une législation du type « buying act » obligeant les gouvernements européens à s’approvisionner prioritairement en biens (équipements, services) produits sur le sol européen et une législation empêchant le rachat de nos champions par des fonds étrangers américains ou chinois.
👉 Nous pouvons craindre que, la Commission Européenne, sur la pression de certains pays européen, se montre plus conciliante avec les géants américains de la tech lors d’enquêtes menées dans le cadre de la réglementation européenne.
(*) Citons le podcast de Radio France sur le récent projet " Omnibus "de la commission européenne susceptible d'être un démantèlement du droit d'accès et la subjectivisation de la donnée personnelle. "Le règlement général sur la protection des données, malgré ses défauts, a établi un cadre essentiel pour la vie privée et les libertés numériques, signalant à l'échelle mondiale l'engagement de l'Europe dans ce domaine. La crainte est que la nouvelle directive ne démantèle des droits fondamentaux, tels que le droit d'accès aux données personnelles, et n'ouvre la voie à une surveillance accrue, tant par les États que par les multinationales... La directive omnibus numérique menace directement le droit d'accès aux données personnelles, un pilier du RGPD. En permettant aux entreprises de qualifier les demandes d'accès comme "exagérées" ou "hors du champ" de la protection des données, la directive affaiblit la capacité des citoyens à savoir quelles informations sont collectées sur eux et comment elles sont utilisées. De plus, elle introduit une notion subjective de la donnée personnelle, où la protection ne s'appliquerait que si l'entreprise reconnaît la donnée comme telle. Cette évolution pourrait permettre aux entreprises de se soustraire au RGPD en déclarant que des données pseudonymisées, par exemple, ne sont plus considérées comme personnelles, sapant ainsi le droit fondamental à la protection des données."
Au sein de l’Union Européenne, force est de reconnaitre qu’un consensus à 27 peut s’avérer compliqué. Il est donc nécessaire d’identifier un groupe de nations qui puissent porter cette politique et en être le fer de lance, rallier les autres États afin de faire face au lobbying des entreprises américaines et à leurs supporters européens. Si l’Europe peine parfois à avancer aussi vite qu’elle le pourrait en raison de ses processus démocratiques et de sa fragmentation ; pour le numérique elle est notre seul rempart d’où l’importance d’une mobilisation sur le sujet !
Tout comme la question de la souveraineté énergétique par le nucléaire depuis les années 60, la question de l’indépendance numérique est aujourd’hui cruciale pour la France. Soulignons en particulier l'enjeux des "données", le pétrole de l’intelligence artificielle, données qui alimenteront des gains de productivité exponentiels pour nos entreprises et services publics. Sans contrôle sur leur hébergement, ces bénéfices iront enrichir les géants américains comme Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft (GAFAM), aggravant le décrochage économique français."
Ci-dessous l'avis de 4 experts
Aurore Lalucq , Présidente de la Commission des affaires économiques et monétaires
du Parlement européen (le 11 septembre 25 sur Linkedin)
"Ursula von der Leyen... a trahi le rapport Draghi (rapport du 9 septembre 2024, qui proposait des réformes) notamment dans le domaine de la souveraineté numérique. Nous avons accepté que Trump se retire de l’accord sur la taxation des multinationales, soit disant pour apporter de la stabilité à nos entreprises. Dès le lendemain Trump s’attaquait à Ørsted et Novo Nordis et nous menaçait de représailles en cas de taxation des géants du numérique....
Il faut donc évidemment taxer les géants du numérique, puisqu’ils ne vivent pas sans le marché européen. Mais nous devons aussi mettre en place une vraie politique de souveraineté numérique en soutenant nos acteurs européens -via une politique d’achats ciblés notamment - et en défendant notre réglementation."
Yoshua Bengio, chercheur en IA, prix Turing 2019
(équivalent du Nobel pour l’informatique) (article Le Monde du 23 janvier 2026)
« L’Europe doit se réveiller. Les signaux politiques devraient être assez clairs pour se mobiliser comme bloc parce qu’individuellement les pays ne peuvent pas faire grand-chose que ce soit en IA ou en géopolitique...
Ce n’est pas suffisant de réglementer... Il faut avoir des solutions techniques... Et si l’Europe n’a pas d’IA qui soit compétitive avec celle des Américains et des Chinois, elle ne pourra pas être à la table de la discussion sur la manière d’éviter ces catastrophes. »
Vice-amiral d’escadre Arnaud Coustillière, Ancien COMCYBER 2011/17 et DGNUM 2017/20 au Ministère des Armées,
CEO de Str@t Algo Conseil
Extrait du site « diploweb » article du 20 mars 2026 : "Au sein de l’Union Européenne, force est de reconnaitre qu’un consensus à 27 peut s’avérer compliqué. Il est donc nécessaire d’identifier un groupe de nations qui puissent porter cette politique et en être le fer de lance, rallier les autres États afin de faire face au lobbying des entreprises américaines et à leurs supporters européens. Si l’Europe peine parfois à avancer aussi vite qu’elle le pourrait en raison de ses processus démocratiques et de sa fragmentation ; pour le numérique elle est notre seul rempart d’où l’importance d’une mobilisation sur le sujet !"
Arthur Mensch créateur de Mistral
. « En réalité, le vrai risque de l’IA à venir, c’est [celui] de l’influence massive sur la manière dont les gens pensent et sur la manière dont ils votent », a estimé celui qui avait déjà mis en garde contre un potentiel « oligopole de l’information » avec les assistants ChatGPT (OpenAI), Grok (xAI), etc. « L’IA est un sujet d’une importance colossale d’un point de vue stratégique et de souveraineté », dans trois domaines, a plaidé Arthur Mensch à Polytechnique, évoquant la compétitivité industrielle, l’accès à l’information avec le risque « d’influence » dangereuse pour la démocratie et, enfin, le militaire, avec la nécessité pour l’Europe de déployer des systèmes d’IA « pour réinstaurer un effet de dissuasion qui risque de se perdre si on n’utilise que la dissuasion nucléaire ». Et de prévoir qu’à l’avenir, « les choses vont se tendre » avec les Etats-Unis, où « la technologie est conçue comme un vecteur de puissance et de colonisation ».
Extrait article Le Monde du 31 mars 2026.
👉 Pour garder une souveraineté européenne dans le domaine numérique, en prenant de vitesse les politiques de la communauté européenne, par nature non agiles et consommatrices de fonds de l’UE, l’idée émergente est que la formation rapide de champions européens numériques se fera moins par des projets communs décidés politiquement que par les groupes industriels européens eux-mêmes de quelques pays liès par des accords ciblés :
• guidés par les profits à venir,
• soutenus par une législation du type « buying act » obligeant les gouvernements européens à s’approvisionner prioritairement en biens (équipements, services) produits sur le sol européen, et une législation empêchant le rachat de nos champions par des fonds étrangers américains ou chinois ou autre puissance ayant des intérêts divergents des nôtres.
👉 Il est plus que temps pour la France et l’Europe de réagir à cette dépendance, par ailleurs très coûteuse, à des prestataires étrangers qui peuvent à tout moment lui couper ses infrastructures informatiques, ou bloquer les applications numériques vitales pour nos pays …
De nombreux acteurs sont impliqués : l’industrie, les États et organismes internationaux, associations, universités…
Industries
: Un petit nombre de sociétés, liées en trés grande partie aux plateformes évoquées ci-dessus, exercent un contrôle sur les ressources clefs comme les données, la puissance de calcul, l’expertise. Ces sociétés pèsent lourd dans la gouvernance de l’IA par le sponsoring de la recherche dans les outils hyper-techniques, et la création de consensus autour de concepts alignés avec leurs intérêts “business”.
Etats et organismes internationaux : Citons l’OECD, l’UNESCO, le G20, l’ONU..
• OECD Recommendation on AI, https://legalinstruments.oecd.org/en/instruments/oecd-legal-0449
• UNESCO's Recommendation onthe Ethics of AI, 2021 : « Recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle » qui est sensée aider chaque gouvernement à mettre en œuvre une politique conforme à cet objectif
https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000381137_fre
• the G20 AI Principles https://wp.oecd.ai/app/uploads/2021/06/G20-AI-Principles.pdf
•Citons aussi l’action de l’ONU pour favoriser la réflexivité et notre capacité à prendre des décisions conformes aux objectifs que nous nous fixons, par exemple le programme #marquonsunepause de l’ONU. Dans le cadre de l’initiative « Vérifié », l’ONU a lancé la campagne #MarquonsUnePause qui encourage les citoyens à réfléchir avant de partager une information sur les réseaux sociaux. « Vérifié »( Verified), une initiative des Nations Unies lancée en mai 2020 pour communiquer des informations sanitaires accessibles et scientifiquement fondées dans des formats convaincants et partager des histoires de solidarité mondiale autour de la COVID-19.
Universités, Organismes de normes comme l’AFNOR ou « International Organization for Standardization (ISO) »
Le paysage de la gouvernance de l’IA est complexe, et l’inclusion de la société civile varie considérablement d’un pays à l’autre. Les obstacles à la participation de la société civile comprennent un accès limité à certains lieux de décision, à des contraintes d’information et de compréhension de ce domaine complexe accompagnées de contraintes financières (le numérique représente un budget important pour beaucoup de ménages), et la nécessité de bâtir des organismes qui doivent être des courroies de transmission (comme des associations), dotés de sites internet facilement accessibles…) pour faire entendre leur voix auprés des décideurs. Malgré ces défis, la société civile demeure un intermédiaire clé, pour défendre l’intérêt public dans la gouvernance de l’IA.
Citons l'association LoiZéro pour le développement d’outils de contrôle des IA
Yoshua Bengio a créé l’association LoiZéro pour mettre au point des IA « sûres et fiables par construction » qui a obtenu des aides de Bill Gates, d’Eric Schmidt (l’un des fondateurs de Google), de Jaan Tallinn (un des développeurs de Skype) ou encore de la fondation Coefficient Giving, pour un total de 35 millions de dollars (29,9 millions d’euros). L’objectif de son association LoiZéro : « Offrir sur un plateau une méthodologie qui permet [aux grandes entreprises de la tech] d’atténuer grandement ces risques » : « Elles ne veulent pas des IA qui font des choses terribles. Ce n’est pas dans leur intérêt. Simplement, leur incitation à s’occuper de ce problème n’est pas suffisante ».
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