Egalité Numérique

📢 Nous devons tous comprendre les enjeux du numérique et de l'intelligence artificielle (IA)

Il y a tellement d’incertitude que nous devons réfléchir à l’éducation pour faire comprendre comment le monde fonctionne et s’adapter au monde qui change, même si nous ne sommes pas à l'aise avec Internet. 

Ce site a pour objectif de donner quelques pistes de réflexions sur les enjeux et risques liés à cette technologie

Questionnement sur la fin des réseaux sociaux ?

06/04/2026

Questionnement sur la fin des réseaux sociaux ?

Cet article, après un rappel des derniers jugements concernant Meta et Google, reprend les interrogations sur la fin des réseaux sociaux, telles qu'évoquées par Hubert Guillaud dans ces 2 articles de 2 février et 10 mars 2026. D'un côté, il cite l'avis du chercheur James O’Sullivan dans la plateforme Noema « The Last Days Of Social Media" : "Nous vivons les derniers jours des réseaux sociaux, non pas par manque de contenu, mais parce que l'économie de l'attention a atteint ses limites : notre capacité d'attention est épuisée.... Les applications de messagerie comme Signal deviennent discrètement des infrastructures dominantes de la vie sociale numérique, non pas parce qu’elles promettent la découverte, mais justement parce qu’elles ne le font pas. " D'un autre côté, il évoque la situation actuelle ou "l’immense fortune des plateformes de la tech ne semble avoir plus d’entrave, notament parce que leur niveau de fortune ne permet plus d’opposition"

Rappelons les dernièrs jugements concernant les réseaux sociaux
(Extrait de l’article de Hubert Guillaud de « Dans les algorithmes.net » du 7 avril 2026) : 

« Un tribunal de Los Angeles a reconnu Meta et Google coupables d’avoir créé des produits addictifs ayant causé des troubles mentaux à une jeune femme, et condamnée à verser 3 millions de dollars de dommages et intérêts. … (Citons)une autre condamnation de Meta dans une affaire au Nouveau-Mexique où l’entreprise à été condamnée à une amende de 375 millions de dollars pour des milliers d’infractions aux lois de l’Etat sur la protection des consommateurs et sur le fait que Meta aurait indirectement facilité des crimes graves. … Aux Etats-Unis, de nombreux procès d’utilisateurs attendent les géants des réseaux sociaux. …Ce qui est en cause, ce sont notamment les flux algorithmiques, la lecture automatique des vidéos et les notifications push, ainsi que le fait que Instagram et YouTube avaient été créés par des entreprises conscientes de leur caractère addictif et nocif, et que ces entreprises avaient choisi de ne pas avertir les consommateurs de ces risques….(Les) documents provenant du procès au Nouveau-Mexique ont montré que pendant 6 ans, « Meta a peaufiné des paramètres de confidentialité de base, tout en calculant comment de simples interventions permettraient de réduire modérément le temps passé sur Instagram et en optant initialement pour des mises à jour progressives et prudentes afin de préserver ses statistiques d’engagement ». Un rapport interne montrait que l’algorithme recommandait des comptes d’enfants à des adultes au prétexte que les fans veulent suivre leurs stars préférées et auraient jeté des enfants en pâtures à des délinquants sexuels…Les darks patterns ont donc bien pour fonction de limiter la réflexion de l’utilisateur pour favoriser son engagement. La captologie a bien été utilisée pour créer des dépendances cognitives....
•    En Caroline du Sud, un projet de loi souhaite d’ailleurs débrancher les fonctionnalités addictives pour les comptes enfants, telles que le défilement infini, certaines notifications push, la lecture automatique des vidéos, les compteurs de mentions J’aime et autres indicateurs d’engagement, les badges de compte et les flux d’actualités exploitant le profil. 
•    Aux Pays-Bas, Meta a fait appel d’une décision de justice qui l’oblige à proposer un fil alternatif chronologique à son classement algorithmique.
… les réseaux sociaux jouent la montre. Il est probable qu’ils continuent à faire des ajustements mineurs, progressifs, incrémentaux. »

 

 

Vers la fin des réseaux sociaux ? (extrait article de Hubert Guillaud 6 février 2026 sur le texte du chercheur James O’Sullivan dans la plateforme Noema.  « The Last Days Of Social Media )

 

« Les réseaux sociaux se sont construits sur l'attention, non seulement sur la promesse de capter la vôtre, mais aussi sur la possibilité de capter une part de celle des autres. Après deux décennies, le mécanisme s'est inversé, remplaçant la connexion par l'épuisement. (...) Le temps passé sur ces plateformes reste considérable : on y fait défiler les contenus non par plaisir, mais par incapacité à s'arrêter. » … Nous vivons les derniers jours des réseaux sociaux, non pas par manque de contenu, mais parce que l'économie de l'attention a atteint ses limites : notre capacité d'attention est épuisée.

Les réseaux sociaux ne sont plus un lieu où l'on a envie d'être, mais une surface à survoler. Reste à savoir si l’on peut s’en passer ? « L’adolescente qui refuse TikTok risque de se retrouver incapable de décrypter les références, les mèmes et les microcultures qui constituent le langage courant de ses pairs. » … Reste qu’à mesure que les médias sociaux s'effondrent sur eux-mêmes, l'avenir se dessine vers un réseau plus discret, plus fragmenté, plus humain, qui ne prétend plus être tout, partout et pour tous.

 

Les applications de messagerie comme Signal deviennent discrètement des infrastructures dominantes de la vie sociale numérique, non pas parce qu’elles promettent la découverte, mais justement parce qu’elles ne le font pas. Dans ces espaces, un message a souvent plus de sens car il est généralement adressé, et non diffusé de manière systématique.

« Les derniers jours des réseaux sociaux pourraient bien marquer le début d'une ère plus humaine : un web qui se souvient de la raison même de notre présence en ligne : non pas pour être exploités, mais pour être entendus ; non pas pour devenir viraux, mais pour retrouver nos semblables ; non pas pour faire défiler, mais pour créer du lien. Nous avons bâti ces systèmes, et nous pouvons assurément en construire de meilleurs. La question est de savoir si nous y parviendrons ou si nous continuerons à nous noyer. »

 

Dans son article du 10 mars 2026, Hubert Guilbaud commente les conclusions du Tim Wu, professeur de droit américain, spécialiste des réseaux et de leur régulation, grand défenseur du droit de la concurrence et de la neutralité des réseaux, sur l'activité d'extraction de nos données par les plateformes. 

Dans son livre “L’âge de l’extraction”, Tim Wu analyse la façon dont les plateformes sont devenues le cœur du processus extractivisme. « Leur pouvoir ne réside pas dans la production, mais plutôt ... dans l’hébergement de toute activité économique et l’extraction de valeur, y compris la valorisation de ressources spécialisées comme les données et l’attention humaine » ... "l’IA va surtout continuer d’étendre et d’approfondir le monopole des plateformes, à renforcer leurs positions de marché en cristallisant nos dépendances, nos allégeances. Et en renforçant notre connexion émotionnelle via leurs chatbots anthropomorphes, comme l’ont fait à leur époque Coca-Cola ou Marlboro. « Les émotions sont les moteurs irrésistiblement puissants des modèles commerciaux ».... L’immense fortune des plateformes de la tech ne semble avoir plus d’entrave, notamment parce que leur niveau de fortune ne permet plus d’opposition."

 

En conclusion, l'avenir des réseaux sociaux reste une question ouverte, et le doute sur le pouvoir des régulations actuelles s'installe. 

 

Notons que la voix évince chaque jour un peu plus l’écrit. Les messages audio (7 milliards sont envoyés quotidiennement via WhatsApp, selon Meta) supplantent les SMS, les notes vocales détrônent les mémos et les tutos les modes d’emploi ; les versions audio des articles de presse et les podcasts ont la cote.

contact@egalitenumerique.fr

12 rue du Moulin de Coudret
16140 Oradour

Par e-mail

Par courrier