📢 Nous devons tous comprendre les enjeux du numérique et de l'intelligence artificielle (IA)
Il y a tellement d’incertitude que nous devons réfléchir à l’éducation pour faire comprendre comment le monde fonctionne et s’adapter au monde qui change, même si nous ne sommes pas à l'aise avec Internet.
Ce site a pour objectif de donner quelques pistes de réflexions sur les enjeux et risques liés à cette technologie
19/08/2026
Principe et objectif d'une politique du numérique et d'appropriation de l'IA en France
Le principe général à respecter en 2026 : « Nous devons nous interroger sur l'IA capacitante versus l'IA aliénante, et être conscients de "l'imprévisibilité" liée à un corpus de phénomènes -économiques, sociaux, collectifs et individuels, affectifs, etc.… liés à cette incursion technique" (comme l'évoque Cédric Villani, dans le livre "avec Jacques Ellul" éditeur Labor et Fides).
L’objectif d’une politique d’un politique du numérique, en prenant en compte « l’imprévisibilité" évoquée ci-dessus, doit être principalement d’accompagner l’incursion du numérique dans notre vie pour :
Citons le rapport du 8 juillet 2026 de l’Assemblée Nationale fait au nom de la commission d’enquête sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique et les risques pour l’indépendance de la France, rapport qui liste 19 propositions ou actions (sans chiffrage budgétaire).
Nous présentons ci-dessous 4 volets qui nous semblent important.
1. Education : Politique à (re)définir en permanence
Concerne toutes les générations pour lesquelles une politique doit être définie (école primaire et secondaire, post bac, ingénieur et littéraire, sénior, formation professionnelle, personnes en fin de vie avec l’arrivée de la robotique…). Nous devons suivre et analyser toutes les études, et retour d’expérience et adapter en conséquence les différentes politiques concernant l’éducation et la formation professionnelle.
2. Système juridique et réglementaire, et
les outils et organismes de contrôle
Système juridique et réglementaire
Les lois européennes, en fonction du retour d’expérience, devront être adaptées, pas sous la pression des « seigneurs de la Tech » (dirigeants des 8 ou 9 société Hight tech au niveau mondial). La réglementation doit être proactive et pragmatique, le secteur numérique étant très mouvant. La France doit pouvoir émettre des lois spécifiques à la demande de la société.
La justice devra s’adapter en permanence pour rendre ses jugements :
Remarque : REGLEMENTER ne suffit pas.
👉Il faut contrôler et proposer des offres alternatives aux produits nocifs. (voir ci-dessous « domaine économique »). Faut-il interdire les réseaux sociaux aux jeunes ? Non... mais Il faut proposer des outils qui poussent à la réflexion, limitent les biais et la flagonerie. Ce point est abordé ci-dessous au paragraphe 4.
Les organismes de contrôle et vérification des produits numériques (réseaux sociaux, plateformes, services en ligne, etc., aujourd'hui boostés à l'IA) devront être efficaces, réactifs et coordonnés au niveau des états et européen, étant donné la vitesse de développement des nouvelles applications numériques, Beaucoup d’experts espèrent une cadre « mondiale » (type ONU) pour le contrôle de l'IA.
Rappel des éléments d’un processus de contrôle de produits
Ci-dessous la liste des principaux organismes autorités administratives de contrôle, d’évaluation et de certification des produits numériques (réseaux sociaux, plateformes, services en ligne, etc.) aux réglementations européennes et françaises.
1. Au niveau européen
2. Organismes au niveau français
👉Vérifier la cohérence et la couverture des missions de ces organismes (voir la re-structuration de ces organismes) en permanence est indispensable, le secteur numérique étant très mouvant.
3. Politique de l’emploi et d'accompagnement social
du bouleversement lié à l'IA
Mettre en place des dispositifs pour accompagner le changement auprès des personnes actives perturbées par l'IA dans leurs entreprises ou administration, et dans l’emploi (*), et pour les 8 millions de personnes éloignées du numérique dans un contexte de numérisation du service public, et plus généralement pour l’ensemble des citoyens, dans les outils de relation administration (Etat) - citoyen,
(*) Actuellement, 3,8 % des emplois sont considérés comme fragilisés d’après une étude de la Coface et de l’observatoire des emplois menacés et émergents (« Emplois, compétences, valeur : ce que l’IA est en train de bouleverser » d’avril 2026). Cette estimation reflète un usage embryonnaire dans les entreprises.
Pour la protection sociale, dans un contexte de réduction de l’emploi dû à l’IA, la robotique, la mondialisation, le vieillissement de la population et la baisse de la démographie..., il est nécessaire de ne plus faire supporter principalement la protection sociale par les revenus du travail (comme cela se fait depuis la 2ème guerre mondiale), mais de transférer des charges salariales et employeurs vers la CGS, la CRDS, un prélèvement de solidarité, ... ou la TVA.
4. Politique dans le domaine économique, géopolitique et de la recherche
4.1 Piloter au niveau national (1er ministre) cette transformation numérique pour assurer une sécurité et une souveraineté des systèmes numériques, colonne vertébrale de l’administration française et de nos entreprises. La cour des comptes, dans un rapport de juin 2025, décrivait le brouillard organisationnel, avec l’ANSSI (Agence Nationale de la sécurité des systèmes d’information) « seule contre tous », et autour un empilement de guichets (niveau national et différents ministères (avec leur CSIRT ou Comcyber du minitère des Armées…), aux missions redondantes, surchargée de missions ni priorisées ni financées. Par ailleurs, il faut imposer un cadre sécuritaire du type de la directive européenne NIS2, qui, depuis prés de 2 ans, n’a toujours pas été transposée en droit français (confère article Le Monde du 27/08/26).
4.2 Orienter les investissements publics et privés, à travers les organismes de recherches et les universités, sur la création et le soutien de systèmes français (comme l'IA Le Chat Mistral) ou européens,
ceci pour :
Exemple d’actions : Définir le cadre d’une politique de recherche et de coopération privé-public
4.3 Soutenir la demande publique et privée des acteurs principaux français et européens
dans ce secteur numérique (éditeurs, entreprises de services, industrielles, administrations...) par :
4.4 Apporter des financements publics (et donc trouver des nouvelles ressources pour l’Etat) pour des investissements nécessaires à un numérique au service du bien commun, comme
4.5 Mettre en place de nouvelles ressources financières pour l’Etat destiné (exclusivement) au numérique :
Ce point est à explorer par des fiscalistes expérimentés. Par exemple, ci-dessous 2 pistes à analyser :
12/08/2026
(1) 👉 A notre niveau personnel : Nos actions au fil de l’eau de nos usages d’internet
👉 Prise de conscience des conséquences néfastes des interfaces numériques et des algorithmes des plateformes
En matière de liberté : Les interfaces de ces systèmes numériques construits à base d'IA « peuvent masquer nos réelles possibilités d’agir ou d'orienter nos décisions, et restreindre peu à peu notre autonomie »
En matière de santé, citons « les processus compulsifs et addictifs … en jeux »
En matière d’écologie, la consommation énergétique de tous les algorithmes, matériels et infrastructures numériques, leurs modes de fabrication utilisant de l'eau et des métaux rares, et l’incitation à la sur-consommation ne vont pas dans le sens du respect des principes écologiques.
En matière de démocratie, ces systèmes pour certains « sapent l’apprentissage du débat contradictoire au profit du clash et de la violence verbale sur Internet. En effet, ces processus de captation de l’attention… ont tendance à favoriser les contenus choquants et les fausses informations, à polariser les utilisateurs, et à réduire leur capacité à comprendre d’autres points de vue, et même à le vouloir. L’économie de l’attention atrophie notre capacité à partager des idées, à échanger, bref, appauvrit notre expérience du monde ».
👉Choix de nos sources numériques d'information
Choix de nos applications numériques / plateformes les plus « éthiques », et moins néfastes à l’environnement et à la protection de nos données personnelles :
Exemple : Messagerie concurrente de Whatsapp (par exemple Signal?),
Navigateur et Moteur de recherche (Quant boosté par Mistral ? , ….),
Identifier les modèles d’IA peu gourmande en données et énergie…
Utiliser des médias payants dont l'origine de l'information est garantie, ou gratuits qui affichent leur volonté de diffuser une information vérifiée (comme Hugo Decrypt).
👉Vérification de l’information / lutte contre les deepfakes
Vérifier les informations écrites, les images et vidéos et sons, que nous recevons :
en premier lieu avec notre analyse de bon sens et une observation attentive pour repérer des éléments suspects de l’information reçue, soyons conscients de nos propres biais (nous aimons souvent nous divertir avec des informations que nous ne questionnons pas assez)
en nous posant les questions : Qui est l’émetteur du message reçu ? Qui est derrière la plateforme ou le site ? Qui finance cette diffusion d’information ?
en recoupant cette information avec d’autres sources que nous jugeons fiables,
ou en nous faisant aider d’outils disponibles sur internet (voir ci-dessous)
Partagez cette information sur nos réseaux ou par mail qu’après cette phase de vérification
👉Adoption d'une posture de responsabilité :
Exiger et s'imposer une rigueur évaluative des outils que nous utilisons pour s'informer,
Soyons prêts à dépenser un peu d’argent pour accéder à des sites fiables (La presse écrite et audiovisuelle ont en très grande majorité des contrats avec des « fact checkers » (vérificateur d’information, comme l’AFP…). Quand un site est « gratuit », cherchez à comprendre son modèle économique. Produire de l’information « vérifiée » coûte de l’argent.
(2) A notre niveau de citoyen, consommateur, investisseur :
💡 Comme citoyen, réfléchir collectivement aux usages de l’IA : « Sapere aude ! » (Ose savoir) ..écrivait Emmanuel Kant en 1784 …Connaître la vérité est un choix. Ce n’est pas facile, et c’est presque toujours douloureux. La pensée n’est pas un privilège réservé aux experts. C’est le premier acte de résistance. Et elle est à la portée de tous. » (Extrait article du Grand Continent 28/12/2025 de Mariam Martínez-Bascuñánm). Nous n’avons pas besoin d’être informaticien pour réfléchir à la révolution qu’est l’intelligence artificielle.
💡 Comme citoyen, participer aux actions nécessaires à la gouvernance du numérique ;
Exprimer vos demandes aux politiques qui doivent concevoir nos lois numériques et les faire appliquer (en particulier lors des différentes élections). Demander à l’Etat ou/et aux administrations territoriales de nous informer et nous former correctement, pour nous protéger des risques de l’IA,
- avec la mise en place de structures-organisations adéquates au niveau État, départemental
- en utilisant des produits européens, ou "non liés à une puissance étrangère hostile"
- et comme le préconise Ethan Zuckerman, directeur de l’infrastructure numérique de l’Etat, participer à la mise en place de média alternatifs sociaux non surveillants, construits sur des déploiements algorithmiques basés sur l’analyse de contenus qui œuvre au « bien commun », plutôt que sur l’analyse des visiteurs.
avec l'obligation, pour les réseaux sociaux commerciaux, à s’ouvrir à d’autres services de recommandation de contenus, laissant aux utilisateurs la liberté de choisir quel système leur recommande les contenus, selon quels critères et dans quel but.
Remarque : Pour mémoire, rappelons l’expérience de la radio dans les années 30. John Reith a imaginé une radio publique, la BBC, qui ne soit contrôlée ni par les états, ni par les entreprises, financée par l’État, mais indépendante du gouvernement. Il propose de mettre en place des services publics de la communication démocratique. Et Il existe aujourd’hui des services mondiaux numériques non commerciaux Wikipedia, Openstreet ou Signal.
👉Comme investisseur et consommateur :
💡investir et soutenir les réseaux sociaux alternatifs non-commerciaux et décentralisés.
💡investir dans la recherche et le développement de systèmes qualitatifs et citoyens.
Citons quelques pistes évoquées dans la presse :
- Différents systèmes de recommandations pourraient être développés par des médias, des institutions académiques, des acteurs associatifs, qui se verraient ainsi dans la capacité de recommander des contenus selon des critères diversifiés et transparents, qui s’appuient sur les avis de différentes communautés de pairs.
- Comme investisseur ou membres d'associations, nous pourrions collaborer à la mise en place :
💡Participer à une action collective de choix ou de refus de produits « néfastes ». Evitez X, Instagram, Facebook... et nous aider les uns les autres à devenir un consommateur "éthique" du numérique.
👉 Pour conclure sur cet effort que nous devons tous faire,
citons un extrait de l'article de Grand Continent du 28/12/2025 de Máriam Martínez-Bascuñánm :
« …la sortie de l’ère de la post-vérité ne passe pas seulement par le rétablissement de la crédibilité de la presse ou la restauration de l’intégrité des institutions.
Il faut aussi une citoyenneté qui ne se laisse pas tenter par le confort des certitudes préfabriquées ou par l’écho réconfortant de la tribu.
Connaître la vérité est un choix. Ce n’est pas facile, et c’est presque toujours douloureux.
Mais c’est un choix. Arendt a proposé comme modèle de citoyen pensant quelqu’un qui n’était ni philosophe de profession ni sage reconnu : Socrate, « un citoyen parmi les citoyens, qui n’a rien fait ni prétendu, sauf ce que, selon lui, tout citoyen a le droit d’être et de faire ». La pensée n’est pas un privilège réservé aux experts. C’est le premier acte de résistance. Et elle est à la portée de tous. »
👉Nous devons exiger le contrôle du "processus technicien" dont le numérique est un terrain de prédilection.
Celui-ci - de fait - poursuit son développement de façon incontrôlée ("on n'arrête pas le progrès", mais il faut combattre les usages nocifs de la technique).



Pour aller plus loin
Sur l'IA Slop
voir le site operating eurovision and euroradio (article du 22 octobre 2025) : « Tendances médias : comment le journalisme peut lutter contre le slop » de David-Julien Rahmil
Lire les livres :
«Il faut accepter l’idée, le slop est en train de gagner» (Albertine Meunier et Hugo du Plessix interrogés par David-Julien Rahmil, L'ADN, 16 octobre 2025)
Roi du slop et du grotesque, Trump a retourné le paysage médiatique (David-Julien Rahmil, L'ADN, 21 octobre 2025)
Quand l’IA tue la littérature (Stéphanie Parmentier, The Conversation, 19 octobre 2025)
IA: comment sortir de la bulle ? (Antonin Bergeaud, Le Grand Continent, 21 octobre 2025)
Sur l'IA Slop, voir la conférence d' Ethan Zuckerman à Sciences Po du 17.05.2022 : "Nous devons imaginer un meilleur internet"
Sur la cyber-malveillance, nous vous conseillons d'aller sur le site du gouvernement :
Le site de l’Europe (UE) pour comprendre la désinformation pilotée par la Russie
EU vs Disinfo, Site du Service européen (partie du service diplomatique de l’UE, dirigé par le haut représentant de l’UE) pour contrer la désinformation de la Russie. Ce site est le travail du groupe de travail East Stratcom, une équipe constituée d’experts qui ont principalement suivi une formation en communication, journalisme, sciences sociales et étude de la Russie.
Pour simple information citons le dispositif européen RAS - Rapid Alert System. : Le système d’alerte rapide (RAS) est un élément important de l’approche globale de l’UE pour lutter contre la désinformation, et est un des quatre piliers du Plan d’action contre la dés-information approuvé par le Conseil Européen en décembre 2018. Il a été établi pour promouvoir le partage des connaissances entre les institutions de l’UE et les États membres en ce qui concerne les campagnes de désinformation, et pour coordonner les réponses. Le RAS de base sur des informations en open source s’appuie également sur les connaissances du monde universitaire, des vérificateurs de faits (fact checker), des plateformes en ligne et des partenaires internationaux.
👉 En Anglais ; 2 sites pour vérifier une image ou une vidéo
Deepware (en anglais) qui permet de reconnaître les vidéos « hyper-truquéez » (deepfake),
TinEye - : Vous vous interrogez sur l’origine d’une image : Vous pouvez effectuer une recherche par image, ou ce que TInEye appelle une recherche inversée d’image. Vous pouvez le faire en téléchargeant une image ou en recherchant par URL. Vous pouvez aussi simplement glisser-déposer vos images pour commencer votre recherche. TinEye fait constamment le crawl du web et ajoute des images à son index. Aujourd’hui, l’indice TinEye compte plus de 72,1 milliards d’images.
07/04/2026
Rappelons les dernièrs jugements concernant les réseaux sociaux
(Extrait de l’article de Hubert Guillaud de « Dans les algorithmes.net » du 7 avril 2026) :
« Un tribunal de Los Angeles a reconnu Meta et Google coupables d’avoir créé des produits addictifs ayant causé des troubles mentaux à une jeune femme, et condamnée à verser 3 millions de dollars de dommages et intérêts. … (Citons)une autre condamnation de Meta dans une affaire au Nouveau-Mexique où l’entreprise à été condamnée à une amende de 375 millions de dollars pour des milliers d’infractions aux lois de l’Etat sur la protection des consommateurs et sur le fait que Meta aurait indirectement facilité des crimes graves. … Aux Etats-Unis, de nombreux procès d’utilisateurs attendent les géants des réseaux sociaux. …Ce qui est en cause, ce sont notamment les flux algorithmiques, la lecture automatique des vidéos et les notifications push, ainsi que le fait que Instagram et YouTube avaient été créés par des entreprises conscientes de leur caractère addictif et nocif, et que ces entreprises avaient choisi de ne pas avertir les consommateurs de ces risques….(Les) documents provenant du procès au Nouveau-Mexique ont montré que pendant 6 ans, « Meta a peaufiné des paramètres de confidentialité de base, tout en calculant comment de simples interventions permettraient de réduire modérément le temps passé sur Instagram et en optant initialement pour des mises à jour progressives et prudentes afin de préserver ses statistiques d’engagement ». Un rapport interne montrait que l’algorithme recommandait des comptes d’enfants à des adultes au prétexte que les fans veulent suivre leurs stars préférées et auraient jeté des enfants en pâtures à des délinquants sexuels…Les darks patterns ont donc bien pour fonction de limiter la réflexion de l’utilisateur pour favoriser son engagement. La captologie a bien été utilisée pour créer des dépendances cognitives....
• En Caroline du Sud, un projet de loi souhaite d’ailleurs débrancher les fonctionnalités addictives pour les comptes enfants, telles que le défilement infini, certaines notifications push, la lecture automatique des vidéos, les compteurs de mentions J’aime et autres indicateurs d’engagement, les badges de compte et les flux d’actualités exploitant le profil.
• Aux Pays-Bas, Meta a fait appel d’une décision de justice qui l’oblige à proposer un fil alternatif chronologique à son classement algorithmique.
… les réseaux sociaux jouent la montre. Il est probable qu’ils continuent à faire des ajustements mineurs, progressifs, incrémentaux. »
Vers la fin des réseaux sociaux ? (extrait article de Hubert Guillaud 6 février 2026 sur le texte du chercheur James O’Sullivan dans la plateforme Noema. « The Last Days Of Social Media )
« Les réseaux sociaux se sont construits sur l'attention, non seulement sur la promesse de capter la vôtre, mais aussi sur la possibilité de capter une part de celle des autres. Après deux décennies, le mécanisme s'est inversé, remplaçant la connexion par l'épuisement. (...) Le temps passé sur ces plateformes reste considérable : on y fait défiler les contenus non par plaisir, mais par incapacité à s'arrêter. » … Nous vivons les derniers jours des réseaux sociaux, non pas par manque de contenu, mais parce que l'économie de l'attention a atteint ses limites : notre capacité d'attention est épuisée.
Les réseaux sociaux ne sont plus un lieu où l'on a envie d'être, mais une surface à survoler. Reste à savoir si l’on peut s’en passer ? « L’adolescente qui refuse TikTok risque de se retrouver incapable de décrypter les références, les mèmes et les microcultures qui constituent le langage courant de ses pairs. » … Reste qu’à mesure que les médias sociaux s'effondrent sur eux-mêmes, l'avenir se dessine vers un réseau plus discret, plus fragmenté, plus humain, qui ne prétend plus être tout, partout et pour tous.
Les applications de messagerie comme Signal deviennent discrètement des infrastructures dominantes de la vie sociale numérique, non pas parce qu’elles promettent la découverte, mais justement parce qu’elles ne le font pas. Dans ces espaces, un message a souvent plus de sens car il est généralement adressé, et non diffusé de manière systématique.
« Les derniers jours des réseaux sociaux pourraient bien marquer le début d'une ère plus humaine : un web qui se souvient de la raison même de notre présence en ligne : non pas pour être exploités, mais pour être entendus ; non pas pour devenir viraux, mais pour retrouver nos semblables ; non pas pour faire défiler, mais pour créer du lien. Nous avons bâti ces systèmes, et nous pouvons assurément en construire de meilleurs. La question est de savoir si nous y parviendrons ou si nous continuerons à nous noyer. »
Dans son article du 10 mars 2026, Hubert Guilbaud commente les conclusions du Tim Wu, professeur de droit américain, spécialiste des réseaux et de leur régulation, grand défenseur du droit de la concurrence et de la neutralité des réseaux, sur l'activité d'extraction de nos données par les plateformes.
Dans son livre “L’âge de l’extraction”, Tim Wu analyse la façon dont les plateformes sont devenues le cœur du processus extractivisme. « Leur pouvoir ne réside pas dans la production, mais plutôt ... dans l’hébergement de toute activité économique et l’extraction de valeur, y compris la valorisation de ressources spécialisées comme les données et l’attention humaine » ... "l’IA va surtout continuer d’étendre et d’approfondir le monopole des plateformes, à renforcer leurs positions de marché en cristallisant nos dépendances, nos allégeances. Et en renforçant notre connexion émotionnelle via leurs chatbots anthropomorphes, comme l’ont fait à leur époque Coca-Cola ou Marlboro. « Les émotions sont les moteurs irrésistiblement puissants des modèles commerciaux ».... L’immense fortune des plateformes de la tech ne semble avoir plus d’entrave, notamment parce que leur niveau de fortune ne permet plus d’opposition."
En conclusion, l'avenir des réseaux sociaux reste une question ouverte, et le doute sur le pouvoir des régulations actuelles s'installe.
Notons que la voix évince chaque jour un peu plus l’écrit. Les messages audio (7 milliards sont envoyés quotidiennement via WhatsApp, selon Meta) supplantent les SMS, les notes vocales détrônent les mémos et les tutos les modes d’emploi ; les versions audio des articles de presse et les podcasts ont la cote.
02/03/2026
IA émotionnelle (« Affective Computing»)
Les systèmes de reconnaissance des émotions (« Affective Computing» ) sont très présents dans les « IA compagnon » (appelé aussi « IA Assistant » comme Gemini, ChatGpt, Mystral Le Chat…..) et les réseaux sociaux que nous utilisons tous les jours. De nombreux autres usages de ces systèmes de reconnaissance des émotions sont inclus dans des applications de Sécurité et Surveillance, Santé et Bien-être, Ressources Humaines (recrutement, surveillance employé…), Automobile et Sécurité Routière, Divertissement et Jeux Vidéo, Marketing et Publicité…
Cette technologie soulève des questions éthiques :
Exemples d’Outils et les Entreprises
• Reconnaissance faciale Affectiva, Face++, Emotient (Apple), Noldus FaceReader
• Analyse vocale Beyond Verbal, Cogito, IBM Watson Tone Analyzer
• Chatbots émotionnels Woebot, Replika, Xiaice (Microsoft)
• Robotique Pepper (SoftBank), Moxie, Paro
• Objets connectés portables, souvent utilisés pour le fitness ou la surveillance de la santé :
Empatica (bracelet E4), Spire (ceinture)
Pour avoir une liste plus détaillée avec des exemples des usages de l'IA émotionnelle, cliquez ici
Les secteurs les plus avancés sont le marketing, la santé mentale et l’automobile, tandis que les applications en sécurité et RH restent controversées. Cette technologie est aussi utilisée souvent par les fournisseurs de ces applications « émotions computing » pour générer des émotions positives aux usagers, et de les rendre dépendant affectivement de leurs services. Le but commercial est de vendre des prestations sous forme d’abonnement payant.
Malgré ses applications prometteuses, cette technologie « IA émotionnelle » a un potentiel énorme, mais son usage doit être régulé pour éviter les abus. Des réglementations comme le RGPD (UE) ou le AI Act encadrent désormais son usage. Mais leur efficacité soulève de nombreux doutes.
le poids des chatbots dans nos relations avec l'IA
Les usages des chatbots d’IA augmentent : Question sur la santé, projets de vacances, shopping en ligne, conseils pour investir… « Fin 2025, plus de 10% des requêtes du web étaient adressées directement à un chatbot d’IA. La plus part de ces grands modèles (LLM) dans la recherche en ligne pourrait dépasser dés 2028 celle des moteurs de recherche, comme Google…Il existe tout de même une part de ‘’loterie algorithmique’’ difficile à maîtriser… qui s’explique sans doute par des entraînements différents selon les modèles… »(Les Echos du 28/01/25).
Les fournisseurs de chatbots d'IA ajoutent toujours plus de fonctionnalités pour le shopping ou la publicité… L'utilisation des chatbots est donc un enjeux économique car générateurs de revenus pour ces fournisseurs d'IA. Les dirigeants (et actionnaires) des sociétés créatrices de système d'IA ont une vision des "IA Assistant" qui doivent se transformer en "IA Compagnon". Citons le PDG de Microsoft AI « Nous ne devrions plus considérer l’IA comme un grille-pain ou même un smartphone, mais plutôt comme un nouveau type de compagnon émotionnellement engagé ». Et Mark Zuckerberg, PDG de Meta affirme que les avatars numériques pourront répondre à ces carences relationnelles : « Le monde physique et le monde numérique devraient être fusionnés ». Le contrôle de la qualité de ses compagnons émotionnellement engagés n'est aujourd'hui pas assuré.
D'aprés l'enquête de l’association Common Sense Media parue le 16 juillet 2025, près des trois quarts des adolescents américains déclarent avoir utilisé un compagnon émotionnel basé sur l’IA – un chatbot simulant une relation amicale, amoureuse, voire sexuelle. Les cas suivants, rapportés par les médias de faits concernant les personnes accompagnées par l’IA pour se suicider ou pour faire une demande de mariage à une personne virtuelle, sont rapportés par les médias et soulèvent des questions éthiques et psychologiques importantes. En effet, l’IA permet de fabriquer des compagnons virtuels de plus en plus réalistes. Le New York Times, le 23 octobre 2024, a reproduit l'ultime dialogue ente un adolescent américain de 14 ans Sewel et son "IA compagnon" : « Viens me rejoindre dès que tu peux, mon amour », demanda le bot. « Et si je te disais que je peux venir tout de suite ? », répliqua Sewell. « Fais-le s’il te plaît, mon cher roi », répondit le bot. L’adolescent lui dit qu’il le ferait, puis il mit fin à ses jours.
Citons l’article de Sud Ouest « Intelligence artificielle : une ONG veut faire interdire les compagnons IA « sans garde-fous » aux mineurs » : L’ONG concerné Common Sense Media (CSM) est une organisation américaine à but non lucratif, localisée à San Francisco, spécialisée dans l'étude des médias et technologies familiales et des enfants.
« Les compagnons virtuels appuyés sur l’intelligence artificielle générative présentent des risques pour les jeunes utilisateurs, selon l’ONG américaine Common Sense, qui recommande de les interdire aux mineurs.
L’explosion de l’IA générative a vu plusieurs start-up lancer, ces dernières années, des interfaces axées sur l’échange et le contact, des compagnons IA, façonnables selon ses goûts et ses besoins. Common Sense en a testé plusieurs, à savoir Nomi, Character AI et Replika, pour évaluer leurs réponses.
Et si certains de leurs usages « sont prometteurs », « ils ne sont pas sûrs pour les enfants », affirme l’organisation, qui fait des recommandations sur la consommation de contenus et produits technologiques par les enfants.
Son étude … a été réalisée en collaboration avec des experts en santé mentale de l’université de Stanford (Californie). »
Le lien de causalité entre l'utilisation de l'IA et ces événements est complexe, et souvent difficile à établir avec certitude, mais néanmoins, nous devons nous interroger sur l’encadrement nécessaire des IA. Et nous devons protéger nos enfants (et toute personne fragile psychologiquement) des systèmes d'IA qui peuvent :
L’utilisation d’IA nocives et non contrôlées peut avoir des conséquences à long terme sur nos vies. Il est donc essentiel, en complément d’une réglementation protectrice (à renforcer) imposée à toutes les IA grand public, de nous former (plus particulièrement les enfants et les personnes fragiles psychologiquement) à ces risques, et à utiliser l'IA de manière responsable et sécurisée.
Nous vous conseillons de voir le site web de l'administration française : nouveau tchat confidentiel dédié à la protection des jeunes
Accélération des offres de chatbot agissant sur la santé mentale
L’article de Laure Belot dans le journal Le Monde du 13 janvier 2026 indique que, début 2026, de nombreuses annonces de chatbot agissant dans le domaine de la santé mentale ont été faites. 3 exemples :
Puis l'article souligne les alertes des scientifiques sur l'IA et les chatbots :
« Interrogé en novembre 2025 dans une communication de Nature sur ses plus grandes inquiétudes concernant l’IA, Mustafa Suleyman, cofondateur de DeepMind (racheté par Google), désormais directeur du développement des produits d’IA grand public de Microsoft, pointe du doigt ce risque accru de délires lors d’interactions émotionnelles avec les chatbots…La communauté scientifique, côté médecine ou technologies, multiplie les alertes. « C’est un nouveau problème de santé publique », ont affirmé neuf neuroscientifiques et informaticiens, dont certains chez des Gafam, dans une communication du 28 juillet 2025. Les chatbots présentent des biais technologiques, ont-ils souligné, disent ce que l’on veut entendre (sycophancy ou complaisance) et s’adaptent à la demande. Les personnes les plus fragiles, insistent ces chercheurs, peuvent développer une forte dépendance et voir leurs repères s’altérer, d’autant plus si elles sont socialement isolées. Les signataires appellent à « une action coordonnée des professionnels de la santé, des concepteurs d’IA et des autorités de régulation »…. Présentée à Madrid, le 22 octobre 2025, lors de la conférence sur l’intelligence artificielle, l’éthique et la société (AAAI/ACM), une étude de l’université Brown (Rhode Island) a détaillé comment ces chatbots « violent systématiquement les normes éthiques établies par l’American Psychological Association », même lorsqu’ils sont incités à utiliser des techniques de psychothérapie fondées sur des preuves. Ils fournissent, par exemple, des réponses trompeuses qui renforcent les croyances négatives des utilisateurs sur eux-mêmes et à l’égard des autres.
Quant aux améliorations annoncées pour que les chatbots soient plus prudents dans leur propos, celles-ci ne sont pas suffisantes, selon une analyse du laboratoire de santé mentale de l’université Stanford (Californie) pour l’ONG Common Sense Media, publiée le 20 novembre 2025. ChatGPT (OpenAI), Claude (Anthropic), Gemini (Google Alphabet) et Meta AI (Meta) « ne parviennent toujours pas à reconnaître et à répondre de manière appropriée aux troubles de santé mentale des jeunes », notent les chercheurs, citant notamment l’anxiété, la dépression, le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) ou les troubles alimentaires.
Du côté institutionnel, trois Etats américains (Illinois, Utah, Nevada) ont décidé, mi-2025, de restreindre l’usage des chatbots, interdisant notamment aux thérapeutes de conseiller à un patient de se confier à une IA générative. L’American Psychological Association a émis, le 13 novembre, un avertissement intitulé « L’intelligence artificielle et les applications de bien-être ne peuvent à elles seules résoudre la crise de la santé mentale ». … A ce jour, cependant, aucun organisme international ne surveille systématiquement les effets de l’IA sur la santé mentale, comme le fait l’OMS sur les risques sanitaires… »
Chatbot "sentimental" à destination des jeunes (génération Z)
Extrait article Grand Continent le 17/04/26 sur l’IA chabot pour jeune
« La génération Z est aussi la principale cible des entreprises qui développent des outils et services d’IA pour simuler des relations amicales et amoureuses, notamment en proposant des compagnons virtuels sous la forme de chatbots…. Aux États-Unis, 19 % des adultes ont déjà discuté avec un chatbot d’IA entraîné spécifiquement pour agir comme un partenaire romantique. Parmi les jeunes adultes de 18 à 30 ans, ce taux atteint près d’un homme sur trois (31 %) et près d’une femme sur quatre (23 %).
Or, ces services contribuent à renforcer l’isolement et peuvent alimenter davantage un sentiment de rancoeur : dans une étude publiée l’été dernier, des chercheurs singapouriens ont observé que « lorsque l’illusion de réciprocité est rompue par des défaillances techniques telles que des réinitialisations de mémoire ou des mises à jour logicielles, les utilisateurs ont fait état d’un sentiment de désolation et de perte émotionnelles, certains allant même jusqu’à comparer cette expérience à la perte d’un être cher ».
Les jeunes filles sont aussi de plus en plus exposées à des usages malveillants de l’IA, notamment via des outils capables de générer de fausses images ou vidéos à caractère sexuel à partir de photos de personnes réelles. La publication Indicator a recensé ce type d’abus, lié aux deepfakes, dans 28 pays ».
Modification des pratiques des psychiatres avec IA
L’article détaille plusieurs témoignages de spychiatres. « Depuis la Harvard Medical School, le professeur John Torous dit ne pas être surpris de ces exemples… « Cette perturbation n’est pas encore une disruption totale, car les outils numériques utilisés par les personnes [applications, robots conversationnels] ne gèrent encore pas bien les soins psychiatriques médicaux. » Mais, lorsque ceux-ci deviendront meilleurs et plus sûrs, ajoute-t-il, « cela changera notre façon de pratiquer. Nous devrons alors réfléchir à la manière de les intégrer » ».
Actions des Gafam sur le secteur de la santé mentale
L’article de Laure Belot cite des annonces et déclarations des GAFAM fin 2025 -début 2026 :
… « ces acteurs sont dans le business et les données, nous, on est dans le soin, constate Stéphane Mouchabac. L’innovation numérique en psychiatrie doit obéir exactement aux mêmes règles éthiques et réglementaires que la médecine en général. »
Données médicales et comportementales de masse désirées par le secteur de la hightech
« Depuis des décennies, la psychiatrie moderne est à la recherche de « biomarqueurs », des indicateurs objectifs tels qu’une prise de sang ou une image cérébrale qui aideraient un psychiatre à confirmer qu’une personne souffre de dépression, de schizophrénie ou de bipolarité…. Raphaël Gaillard ajoute que « le diagnostic psychiatrique, souvent perçu comme subjectif, repose sur l’analyse d’une multitude de petits indices faite par un médecin expérimenté ». L’IA, poursuit-il, « va peut-être permettre de reproduire ce processus de manière algorithmique et externe, en ramassant des données qui sont autant de signaux faibles qu’on n’arrive pas à agréger »….
« Où vont numériquement les informations concernant les personnes ? Où sont-elles stockées ? Comment leur sécurité est-elle garantie ? », s’interroge-t-il. Le Français Guillaume Dumas, professeur de psychiatrie computationnelle à l’université de Montréal (Canada), ajoute : « En vertu du Patriot Act, les données hébergées aux Etats-Unis ne sont, selon moi, pas en sécurité car elles peuvent être saisies par un gouvernement pour des raisons politiques. »… Depuis Harvard, John Torous apporte d’autres réserves. «…sans investissement direct et sans construction de modèles spécifiques à la psychiatrie, les résultats ne seront pas là…»
Risques et validation des nouveaux robots conversationnels spécialisés en santé mentale ?
L’article site 3 exemples de nouveaux robots conversationnels spécialisés en santé mentale .
La nécessité de la validation rigoureuse de haute qualité de ces outils spécialisés en santé mentale à base d’IA et de Chatbot est souligné par l’article. La motivation principale de ces sociétés proposant des IA nocives et non contrôlées est "business", accroître le trafic, fidéliser ("rendre accro") les utilisateurs.
📢 Exigeons de nos dirigeants un contrôle de ces "IA émotionelles".
03/02/2026
(1) Prise d'information sur les faits
La première question à se poser, quand nous prenons connaissance de faits, est : Quelle est l'intention de celui qui nous la donne ? Et apprenons à distinguer la désinformation, la mésinformation, et mal information
• Désinformation : informations fausses et délibérément créées pour nuire à une personne, un groupe social, une organisation ou un pays.
• Mésinformation : informations fausses mais non créées dans l'intention de nuire.
• Mal information : informations basées sur la réalité, utilisées pour infliger un préjudice à une personne, un groupe social, une organisation ou un pays (sources Unesco).

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Nous devons donc apprendre à vérifier les informations que nous recevons, et devenir des "fact checkers" permanents, suivant les 2 sources d'informations aujourd'hui : Les plateformes sur internet et les sources traditionelles (journaux, radio, télé...)

Les plateformes profitent d’un statut privilégié de simples canaux de partage d’informations. En effet au nom de l’article 230 du Communications Decency Act, voté en 1996, les plateformes ne peuvent être poursuivies en justice pour les contenus publiés par leurs utilisateurs. Ce régime est complètement distinct de celui des médias, tels les journaux, qui sont tenus à une responsabilité éditoriale.
Les « réseaux sociaux » et de nombreux site internet sont, pour beaucoup d'entre nous, le « carburant » de nos réactions intuitives, de nos affects, en stimulant la production de dopamine, et en nous enfermant dans des bulles d’informations parfois non vérifiées, parcellaires ou fausses. David Chavalarias publie en 2022 « Toxic Data », tout y est très simplement expliqué : Comment les mouvements d’opinion sont aujourd’hui hautement manipulés et amplifiés sur les réseaux ou les messagerie au point que nos démocraties vont y laisser leur peau.
En 2016, "les mathèmaticiens de Cambidge Analytica font effacement campagne pour le oui au Brexit avec leurs algorithmes d'influence en ligne personnalisée. Quelle humiliation pour la psyché humaine de voir ces modèles réduisant nos subtiles personnalités à cinq nombre, mesurant ouverture, conscienciosité, extraversion, amabilité, neuroticisme, pour mieux nous manipuler" (extrait podcast Radio France, épisode 3 "intelligence artificielle : utopie dystopique" de Cédric Villani).
La Boétie décrit, dans son "Discours de la servitude volontaire", l'obéissance des peuples à la tyrannie, expliquant que celle-ci est maintenue par l'habitude, la corruption et la bêtise, plutôt que par la force.
La tyrannie, exercée sur notre psychisme des réseaux sociaux et de certaines applications internet, doit être combattue !
Un minimum d’empathie envers ses concitoyens est une condition indispensable pour un débat serein. Certains politiciens ont une autre opinion sur l'intérêt des débats serein :
« La faiblesse fondamentale de la civilisation occidentale est l’empathie »
expliquait Elon Musk dans un interview sur le podcast de Joe Rogan.

L'émergence d'une IA SLOP et
la dégradation du paysage informationnel
(1) L'émergence d'une IA SLOP, média de mauvaise qualité
Le slop (aussi appelé AI Slop) est un média de mauvaise qualité, comprenant des textes, des sons et des images, réalisé à l'aide d'une technologie d'intelligence artificielle générative. Inventé dans les années 2020, le terme a une connotation péjorative proche de celle de « spam ». Les contenus des « slops » sont ensuite réingérés dans les IA, et le cycle continue.
Citons l’article de Hubert Guillaud sur le texte de la chercheuse Kate Crawford dans une tribune pour e-flux , « Vers l’effondrement métabolique » du 19 septembre 2025 (dans la Lettre hebdomadaire de café IA):
L’industrialisation de contenus synthétiques réalisés à l'aide de l’IA
« Les producteurs de contenus synthétiques atteignent des taux d’engagements supérieurs aux influenceurs humains qui semblent de plus en plus indiscernables des humains, comme l’était, dès 2018, l’une des premières influenceuses synthétiques, Lil Miquela. Les équipes de création de contenu déploient des outils d’IA pour générer des centaines de publications, d’images et de vidéos potentielles, puis utilisent l’analyse de l’engagement pour identifier les combinaisons les plus addictives afin de les optimiser. L’industrialisation du contenu viral s’auto-accélère. Les fonds destinés aux créateurs de contenus se transforment en subvention du seul contenu synthétique, à l’image de TikTok ou Meta qui sponsorisent les usines à slops en distribuant des revenus du fait de leur viralité… »
Effondrement de l’IA slop ?
« L’évolution vers une IA générative massive et gourmande en données affecte l’environnement, le travail, la culture, la science … Les LLM sont en train de supplanter les sources d’information en ligne, cannibalisant les marchés de la création de contenu….De nombreuses études ont montré que les systèmes d’IA dégénèrent lorsqu’ils se nourrissent trop de leurs propres productions – un phénomène d’effondrement que les chercheurs appellent MAD (La maladie du modèle autophage). En d’autres termes, l’IA s’autodétruira, puis s’effondrera progressivement dans le non-sens et le bruit….’’L’IA slop n’est pas une aberration, mais une caractéristique inévitable du fonctionnement des médias génératifs’’. Cette rupture métabolique promet de multiples effondrements, prédit la chercheuse : effondrement des modèles, effondrement écologique et effondrement cognitif s’entrecroisent dans une forme de polycrise. »
Quelques chiffres de mesure de ce phénomène de "pollution" numérique et médiatique»
L’accès sur internet à des articles issues d’une source « vérifiée » est pas facile
Jean-Marc Manach, Next.ink, 18 décembre 2025 soulignait l'ampleur de ce phénomène :
Mesure d’audience des sites générés par IA (et recommandés par Google Discover) en % de la population Française

Source : Next et le Groupement des éditeurs de services en ligne (http://www.geste.fr/)
👉«pièges à boomers», ou «boomer traps» : Les inactifs, en particulier les personnes âgées, semblent en effet plus particulièrement susceptibles de tomber dans le piège de ce type d'infox et images GenAI, au point d'être qualifiées de «pièges à boomers», ou «boomer traps».»
🔥 Le déploiement récent de la fonction AI Overviews [« aperçus IA »] de Google implique que répondant directement aux requêtes des internautes par des synthèses produites par intelligence artificielle (IA), Google réduit la probabilité qu’un utilisateur clique vers les sites d’information. Les grandes plateformes comme google contrôlent :
o déjà le référencement, la recommandation d’information et la publicité,
o et maintenant désormais la synthèse, la hiérarchisation, la reformulation et parfois même l’interprétation des contenus. Ils ne se contentent plus d’organiser la circulation de l’information ; ils organisent la manière dont elle est reconstituée et présentée.
Rappelons la situation actuelle de notre dépendance à des entreprises américaines ou chinoises propriétaires des réseaux sociaux qui n’assument pas le statut d’éditeurs de contenu, mais qui nous imposent leur ligne éditoriale par l’intermédiaire de leurs algorithmes. Seuls les contenus recommandés par leurs algorithmes sont vus, les autres demeurent invisibilisés. Ces algorithmes sont élaborés en toute opacité, basés sur des calculs purement quantitatifs arrimés à des objectifs commerciaux ou politiques, par une poignée d’acteurs privés qui effectuent le tri entre les contenus visibles et ceux que personne ne verra.
Dans un article du journal Le monde du 10 janvier 2026, à l’approche de la présidentielle de 2027, Arthur Mensch, fondateur et dirigeant de Mistral AI (start-up française) alerte sur le risque de voir se former un « oligopole de l’information » avec des assistants IA comme ChatGPT ou Grok, détenus par des acteurs américains et possibles « organes de contrôle de la pensée »… Et de prédire pour les prochaines élections des tentatives de manipulation de l’opinion ou des scandales, comme la récupération de millions de profils Facebook par l’agence Cambridge Analytica lors de la première campagne présidentielle de Donald Trump, en 2016, à l’époque où « on ne mesurait pas encore très bien l’influence des réseaux sociaux ».
Prenons la mesure de la dégradation du paysage informationel à cause de la montée en puissance des IA génératives et la prolifération du slop.
Les assistants IA remplacent déjà les moteurs de recherche pour de nombreux utilisateurs. Selon le Digital News Report 2025 de l'Institut Reuters, 15 % des moins de 25 ans utilisent des assistants d'IA pour s'informer, contre 7 % de l'ensemble des consommateurs d'informations en ligne. »
Recherche sur un moteur de recherche ou réponse d’une IA à votre prompt ?
Pour plus d’information, voir le site de la Fondation Nieman pour le journalisme, une institution majeure de l'Université de Harvard, visant à promouvoir et élever les normes du journalisme.
4. les « bulles de filtres » désignent le mécanisme par lequel les algorithmes des plateformes, réseaux sociaux ou moteurs de recherche, tendraient à ne proposer aux utilisateurs que des contenus alignés sur leurs préférences, opinions ou comportements antérieurs. En somme, vous ne sortez plus de votre bulle (virtuelle)... En limitant l’exposition à une diversité de points de vue, les bulles de filtre risqueraient de restreindre la capacité des citoyens à se forger une opinion éclairée, fondée sur une compréhension nuancée et plurielle des enjeux. ... Par leur fonctionnement, les bulles de filtres pourraient renforcer la propagation de fausses informations, la circulation de contenus trompeurs ou l’influence de contenus politiques ciblés.
5. Les modèles d'IA ne sont pas neutres : ils portent les empreintes culturelles et les valeurs de leurs données d'entraînement. Aussi conçus pour être trop « empathiques » et répondre aux attentes des usagers, quitte à les conforter dans leurs idées, ils risquent d'accentuer cette hyper-individualisation de l'information. Avec les IA utilisées comme source d'information à la place de consulter des pages WEB suite à une recherche, « l’effort de validation [d’un lien] se déplace », constate Alberto Di Meglio. « Un document publié sur le Web a généralement un auteur connu, une forme fixe, et des citations dont on peut trouver la trace. (…) Une réponse fournie par LLM est une synthèse fluide dans laquelle les relations avec les sources sous-jacentes sont digérées par le modèle utilisé. La responsabilité de la vérification du lien repose ensuite davantage sur les lecteurs », décrit-il.
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Pour conclure sur cet effort que nous devons tous faire, citons un extrait de l'article extrait article Grand Continent du 28/12/2025 de Máriam Martínez-Bascuñánm :
« …la sortie de l’ère de la post-vérité ne passe pas seulement par le rétablissement de la crédibilité de la presse ou la restauration de l’intégrité des institutions. Il faut aussi une citoyenneté qui ne se laisse pas tenter par le confort des certitudes préfabriquées ou par l’écho réconfortant de la tribu.
Connaître la vérité est un choix. Ce n’est pas facile, et c’est presque toujours douloureux.
Mais c’est un choix. Arendt a proposé comme modèle de citoyen pensant quelqu’un qui n’était ni philosophe de profession ni sage reconnu : Socrate, « un citoyen parmi les citoyens, qui n’a rien fait ni prétendu, sauf ce que, selon lui, tout citoyen a le droit d’être et de faire ». La pensée n’est pas un privilège réservé aux experts. C’est le premier acte de résistance. Et elle est à la portée de tous. »
Nous devons exiger le contrôle du "processus technicien" dont le numérique est un terrain de prédilection. Celui-ci - de fait - poursuit son développement de façon incontrôlée ("on n'arrête pas le progrès", mais il faut combattre les usages nocifs de la technique).
Comment réagir à cette situation du paysage numérique ? nous vous suggérons des types d'action dans notre article "réagir à titre personnel et comme citoyen
Pour aller plus loin
voir le site operating eurovision and euroradio (article du 22 octobre 2025) : « Tendances médias : comment le journalisme peut lutter contre le slop » de David-Julien Rahmil
Lire les livres :
Sur l'IA Slop, voir la conférence d' Ethan Zuckerman à Sciences Po du 17.05.2022 : "Nous devons imaginer un meilleur internet"
Sur la cyber-malveillance, nous vous conseillons d'aller sur le site du gouvernement :
Assistance aux victimes de cybermalveillance | Site Officiel
Pour lutter la désinformation, et pour identifier l’origine d’une information virale, d’une photo ou d’une vidéo hyper-truquée (« deepfake »)
👉 En Anglais ; 2 sites pour vérifier une image ou une vidéo
👉 Pour détecter si un document ou image a été généré par l'IA, Il existe une galerie d’outils comme Hive Detect, Resemble.ai, AI or Not, Reality Defender, Copyleaks, BrandWell, Sensity, Sightengine et les grands outils d’IA qui ont tous intégré ces fonctions, de Gemini à Claude, ChatGPT ou SuperGrok. Leur efficacité est jugé relative.
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